Un petit coucou


boîte à mots

Lundi 20 février 2006

« Je n’écris pas pour une petite élite dont je n’ai cure, ni pour une entité platonique adulée qu’on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue.

J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du  temps. »

 

Ainsi parlait Jorge Luis Borges. J’ai relu récemment son « Livre de sable ». Treize nouvelles comme seuls les écrivains sud américains peuvent en écrire. Treize nouvelles comme seul Borges pouvait en écrire.

 

J’ai trouvé dans la nouvelle qui donne son nom au recueil un passage qui évoque étrangement ce qu'est la blogosphère :

 

« Il me demande de chercher la première page.

Je posai la main gauche sur la couverture et ouvris le volume de mon pouce serré contre l’index. Je m’efforçai en vain : il restait toujours des feuilles entre la couverture et mon pouce. Elles semblaient sourdre du livre.

-     Maintenant, cherchez le dernière.

Mes tentatives échouèrent de même ; à peine pus-je balbutier d’une voix qui n’était plus ma voix :

-     Cela n’est pas possible.

Toujours à voix basse le vendeur de bibles me dit :

-   Cela n’est pas possible et pourtant cela est. Le nombre de pages de ce livre est exactement infini. Aucune n’est la première, aucune n’est la dernière. Je ne sais pourquoi elles sont numérotées de façon absolument arbitraire. Peut-être pour laisser entendre que les composants d’une série infinie peuvent être numérotées de façon absolument quelconque.

Puis, comme s’il pensait à voix haute, il ajouta :

-      Si l’espace est infini, nous sommes dans n’importe quel point de l’espace. Si le temps est infini, nous sommes dans n’importe quel point du temps… »

 

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Lundi 20 février 2006
Depuis que je vais sur le blog de Bebert, j'ai l'appareil photo qui me démange...


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Ses adages, ses petits tests, ces coups de griffes : c'est Miss Liu


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La Grande Loulou, globe-trotteuse (ou -trice... qui a la réponse ?), amatrice de rhum et maman.


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Lovely, ange ou démon ?


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Le monde de Gloups et de sa Douce et Tendre.


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Bientôt Papa : un blog tout doux...


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Nico : un mec coooooooooooooooooooool !

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Et Justine... La nudité de ses mots ne peut que nous toucher.


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Dimanche 19 février 2006

Il avait vécu la guerre civile en Espagne, l'exil, le maquis en France, la difficulté d'être un étranger dans un pays dont on ne sait rien. Il était ouvert au monde, aux autres, profondément pacifique. De son anarchisme de jeunesse, de sa connaissance des hommes, il avait tiré une belle sagesse qui m’a souvent inspirée.

 

Adolescente, j'étais curieuse de son passé mais il ne voulait rien m’en dire. Pour lui, la guerre ne méritait pas qu'on en parle. Je n'ai compris son silence que plus tard, en lisant « Les Soldats de Salamine ». Il y a dans ce livre magnifique un vieil espagnol qui lui ressemble et qui refuse aussi d’évoquer les conflits passés. Ce livre, je le lui ai offert. C'est là qu'il a commencé à me raconter sa guerre, à me raconter sa vie. C'est là qu'il m'a transmis cette partie de l’héritage qui me revenait : celui de mes racines et de ma culture familiale.

 

Il vivait dans un village du sud espagnol du joli nom de Jardin. Un village qui comme beaucoup d’autres n’approuvait pas ce qui se passait à Madrid dans ces années trente perturbées. Un jour, on convoqua sous un faux prétexte les villageois sur la Plaza de Toros. Tous furent mitraillés par l’armée franquiste. Lui, il sauva sa peau en faisant le mort. Jusqu’à la nuit, il demeura caché sous les corps inertes de ses sœurs, de son père, de sa mère. Commença alors un long voyage vers le nord, vers la liberté. Il a fallu prendre les armes dans une guerre incertaine où les amis d’hier devenaient parfois les ennemis de demain. Puis enfin, les Pyrénées, la frontière mais pas tout à fait la liberté. Il y eu d’abord le camp de réfugiés d’Argelès-sur-mer. C’est là qu’il rencontra ma grand-mère. Amour naissant vite séparé. Ils avaient fui une guerre pour en retrouver une autre. Les hommes étaient réquisitionnés. Mais il ne voulait pas se battre pour des idées qui lui avait fait fuir son propre pays. Il a pris le maquis rencontrant parfois l’amitié, parfois la méfiance. La France fut libérée, il retrouva ma grand-mère. Ils s’installèrent aux pieds des Pyrénées, à quelques kilomètres du pays qui les avait vu naître et qu’ils n’ont pu retrouvé que bien des années plus tard quand le Caudillo rendit enfin l’âme après une interminable agonie.

 

La dernière fois que l’on s’est vu, en Août 2004, il m’a dit : « Peut-être à l’année prochaine… », avec la tranquillité de celui qui n’a plus peur de la mort. La mort, il m’avait aidé à l’apprivoiser quand il a fallu que je m’occupe des obsèques de mon père. Moi, la fille aînée du fils aîné. « La mort fait partie de la vie, hijita ».

 

Oui la mort fait partie de la vie et toi elle t’a surpris un beau matin d’hiver où tu t’apprêtais à aller chercher ton pain et ton journal, comme tous les jours depuis des années. C’était le 19 février de l’année dernière.

 

Te extraño abuelo…

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Dimanche 19 février 2006
Avez-vous remarqué que lorsque on reçoit un cadeau inattendu, qui dépasse nos espérances ou qui est vraiment très... ou trop... on se met à râler : "Mais t'es complètement fou !" ou "Mais ça va pas !" ou encore "Il fallait pas !"... On en oublie presque de dire merci.

Hier, j'ai reçu ici, par l'intermédiaire d'un com, un très beau cadeau. Quand je l'ai découvert j'ai été prise d'un sanglot inexplicable. C'est vrai qu'en ce moment, j'ai comme qui dirait la larme facile. Ce geste amical a fait ressurgir un trop plein d'émotions. Comme les larmes ne cessaient de couler, je me suis mise à tourner dans l'appartement en râlant : "Mais ça va pas ! Il est fou de faire ça ! ..."

Ce cadeau, je pourrais vous le montrer, là. Mais non. J'ai envie de le garder pour moi, comme on met un objet fétiche dans sa poche que l'on caresse de temps en temps. Les plus malins pourront le trouver en fouillant les coms et en apprécier la beauté.

Quant à toi qui m'as fait ce cadeau : merci.

Je t'haine.
publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Samedi 18 février 2006

Je voulais vous en parler au fil des jours et des évènements, jusqu’à ce qu'il s'efface tout doucement.

Mais un matin la voirie est venu creuser le trottoir et l'a fait sauter en éclat. J'ai regardé dans la bêne qu'ils avaient laissée à côté du chantier. J'aurais bien récupéré un petit bout de bleu sur fond gris, mais rien... Il était déjà parti loin de chez moi.

 


Le petit cœur n’est plus et me manque terriblement.

C’était un peu de rêve dans ce monde navrant…*


 

publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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