Un petit coucou


boîte à mots

Vendredi 16 juin 2006

Voici un petit aperçu de réduction du budget selon Bercy : 100 000 € investis dans un jeu sur Internet : Cyber Budget ! Prenez la place du Ministre du Budget et gérez l'économie du pays.

Le jeu Cyber-Budget propose à tout Internaute d’approfondir ses connaissances relatives à la gestion des finances publiques d’une façon à la fois interactive et pédagogique.

Amené, le temps du jeu, à remplacer le ministre du Budget, vous devez accomplir successivement trois missions en conformité avec le calendrier budgétaire : la préparation du budget, sa programmation et sa gestion.

Durant chacune des deux premières missions (préparation et programmation), une série d’épreuves ludiques propose de développer votre connaissance de l’environnement budgétaire (ordres de grandeurs, structure, négociations etc.).

Vous devrez par exemple montrer votre capacité à manœuvrer entre les contraintes du déficit et de la croissance économique (cf. jeu de la Montgolfière budgétaire).

La troisième mission vous plonge au coeur de la gestion budgétaire puisqu’il s’agit de prendre les commandes du budget de la France en assurant l'équilibre des finances publiques.

Au bout de cette aventure budgétaire, vous ferez le bilan de vos résultats et une surprise attend les meilleurs.



Comment ? C'est pédagogique ? Ah, c'est donc ça la solution ! On enlève des profs et à la place on met des jeux pédagogiques sur internet pour instruire le peuple... Hum... Je vois... Et les milliers de Français qui crèvent de faim parce qu'ils n'arrivent plus à joindre les deux bouts malgré les huit heures de boulot par jour, on leur file une PSP avec le jeu : "Fabrique ton hamburger" ?

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Vendredi 16 juin 2006


Mon vieux !... le problème de la circulation...ça ne s’arrange pas du tout ! Du tout !...

J’étais dans ma voiture, j’arrive sur une place...Je prends le sens giratoire...Emporté par le mouvement, je fais un tour pour rien... Je me dis : "Ressaisissons-nous. Je vais prendre la première à droite." Je vais pour prendre la première à droite : Sens interdit. Je me dis : "C’était à prévoir...je vais prendre la deuxième." Je vais pour prendre la deuxième : Sens interdit. Je me dis : "il fallait s’y attendre ! Prenons la troisième." Sens interdit ! Je me dis : "Là ! Ils exagèrent !... Je vais prendre la quatrième." Sens interdit !

Je dis : "Tiens." Je fais un tour pour vérifier. Quatre rues, quatre sens interdits ! J’appelle l’agent.

Monsieur l’Agent ! Il n’y a que quatre rues et elles sont toutes en sens interdit. Il me dit : " Je sais...c’est une erreur." Je lui dit : "Mais alors...pour sortir ?..." Il me dit :

"- Vous ne pouvez pas !
- Alors ? Qu’est-ce que je vais faire ?
- Tournez avec les autres.
- Ils tournent depuis combien de temps ?
- Il y en a, ça fait plus d’un mois.
- Ils ne disent rien ?
- Que voulez-vous qu’ils disent !... Ils ont l’essence... Ils sont nourris... Ils sont contents !
- Mais... il n’y en a pas qui cherchent à s’évader ?
- Si ! Mais ils sont tout de suite repris.
- Par qui ?
- Par la police...qui fait sa ronde...mais dans l’autre sens.
- Ca peut durer longtemps !
- Jusqu’à ce qu’on supprime les sens.
- Si on supprime l’essence... il faudra remettre les bons.
- iI n’y a plus de ’bon sens’. Ils sont ’uniques’ ou ’interdits’. Donnez-moi neuf cents francs.
- Pourquoi ?
- C’est défendu de stationner !
- !!!
- Plus trois cents francs.
- De quoi ?
- De taxe de séjour !
- Ca commence bien !"


Il me dit : "Tachez que ça continue, sans ça, je vous aurai au tournant !"

Alors, j’ai tourné... J’ai tourné... A un moment, comme je roulais à côté d’un laitier, je lui ai dit :

"- Dis-moi laitier...ton lait va tourner ?...
- T’en fais pas !... je fais mon beurre..."


Ah ben ! Je dis : "Celui-là ! Il a le moral !..." Je lui dis :

"- Dis-moi ? Qu’est-ce-que c’est que cette voiture noire là, qui ralentit tout ?
- C’est le corbillard, il tourne depuis quinze jours !
- Et la voiture blanche là, qui vient de nous doubler ?
- Cà ? C’est l’ambulance !... Priorité !
- Il y a quelqu’un dedans ?
- Il y avait quelqu’un.
- Où il est maintenant ?
- Dans le corbillard !"


Je me suis arrêté... J’ai appelé l’agent... Je lui ai dit : "Monsieur l’Agent, je m’excuse, j'ai un malaise..."

"Si vous êtes malade, montez dans l’ambulance !..."



Et il est monté dans l'ambulance... et puis dans le corbillard...

Photo : Pascal Gely - Agence Bernand

 

Le plaisir des sens - Raymond Devos


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Jeudi 15 juin 2006
Roba, créateur de Boule & Bill, est décédé hier soir en Belgique.





Quand j'étais petite, c'était ma BD préférée.
J'avais un cocker aussi cabotin que pouvait l'être Bill.
Avec ma soeur, on attrapait des fou-rires à retrouver dans les albums des situations proches de ce qu'on vivait avec notre chien.

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Jeudi 15 juin 2006

Est-ce la chaleur subite, le cumul de fatigue de l’année ou la lassitude, mais en ce moment, j’ai du mal à me lever pour aller au boulot. Quand je suis dans cet état là, je ne connais qu’une solution : la Salsa ! Depuis lundi, j’ai mis sur mon portable (qui fait aussi lecteur mp3) les chansons de Raul Paz. J’ai déjà parlé de lui quand j’ai commencé ce blog. Mais à l’époque, je ne savais pas comment mettre de la musique. Maintenant que je maîtrise un peu mieux le côté technologique de la chose, je peux partager avec vous un peu de sa musique, véritable vitamine pour les matins moroses.


 



... Chica Mala parce que j’aime imaginer qu’il aurait pu l’écrire pour moi.


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Mercredi 14 juin 2006


15000 fonctionnaires en moins l'an prochain pour réduire le déficit de la France (on y croit). J'en vois qui ont les yeux qui pétillent.

Dans le nombre, il y a 8500 emplois dans l'Education Nationale dont 5000 postes d'enseignants qui vont voler. On nous ressort les 1800 profs qui ne sont pas devant élèves. Certes, dans le tas sont comptabilisés les syndicalistes (ouh, les affreux !) et ceux qui ont été placés dans divers bureaux des rectorats ou d'ailleurs pour incompétence. (Pour ces derniers, il faudrait peut-être revoir le mode de recrutement et la possibilité de reconversion, chose quasi impossible dans l'Education Nationale, contrairement à beaucoup d'autres administrations). Sont aussi comptabilisés les itinérants pour le suivi d'enfants handycapés et les titulaires remplaçants sans qui l'absence d'un enseignant devient vite un gros problème pour un établissement.

Il y aurait trop d'enseignants. Le calcul de ce "trop" se fait de façon très administrative : on prend le nombre d'enfants, on divise par le nombre d'enseignants et ça nous fait tant par classe. On calcule de la même manière le nombre d'heures d'enseignement par élève. Comme tout cela coûte cher, on rabiote. On supprime les heures supplémentaires pour les projets culturels ou l'aide aux plus défavorisés. On redispache pour arriver au quota imposé, et le tour est joué. C'est comme ça qu'on supprime des enseignants mais que "la moyenne de 24 élèves par classe ne changera pas", dixit ce cher de Robien.

Faire de tels calculs c'est ignorer la spécificité de chaque endroit. Un enseignant du fin fond du Cantal serait-il moins productif avec ses 15 élèves qu'un enseignant de centre ville avec les 30 dont il s'occupe ? Pédagogiquement, le contraire se démontre facilement, sauf que la productivité en matière d'enseignement n'a pas la même définition côté prof que côté Ministère de l'Economie...

C'est aussi ignorer les réalités du terrain. On n'enseigne plus comme avant, avec des enfants qui ne mouftent pas au fond de la classe. La société a créé de nouveaux élèves avec des problématiques parfois ingérables dans une classe voire même au sein d'un établissement.

C'est vrai que l'enseignement ne rapporte pas d'argent. C'est vrai que de traiter les cas particuliers ou une frange de la société qui demande un peu plus d'attention coute cher.  Mais n'est-ce pas un choix politique (au sens noble) à faire ? J'écoutais hier Serge Portelli, magistrat, qui disait que louper l'insertion des jeunes enfants dans le système scolaire, c'est laisser émerger la délinquance dans les années à venir. Par la suite il sera trop tard pour légiférer ou faire de la répression. Notre pays qui fait parti soit disant des plus grandes puissances mondiales ne se dote pas de l'Ecole à laquelle elle devrait aspirer.

Ne pas prendre en compte les problèmes de l'Ecole, réduire ses moyens d'action c'est faire crever la société à petit feu. A croire que ce gouvernement ne cherche que ça en misant purement et simplement sur l'abêtissement du peuple*. Il y a bien évidemment des reformes à engager dans l'Education Nationale, mais sûrement pas comme ça et dans ce sens. (Ni pendant que la France a les yeux rivés sur le ballon rond....)

Au lendemain de l'épreuve de philo au bac, une citation (déjà utilisée pour un autre billet) me revient en tête :


Une nation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle.

[Martin Luther King]


Pour avoir une idée plus large de ce que devrait être l'Ecole d'aujourd'hui, je vous invite à lire l'excellent compte rendu que KwAame a mis sur son blog d'une conférence d'Albert Jacquard intitulée : "Développement durable et échec scolaire". Je vous conseille aussi la lecture d'un texte de Serge Portelli : "La récidive : mobiliser l'intelligence plutôt que la peur", sur justice, démagogie et reflexion.

Rien à voir ?

Pour moi, si ! Tout est lié. Car l'intelligence, la reflexion, la pensée est ce qui est propre à l'être humain.

Mieux vaut ne penser à rien que ne pas penser du tout.

[Serge Gainsbourg]



* Il ne faut pas oublier les récentes réformes de l'Education Nationale qui limitent les programmes à de l'enseignement de base et éliminent l'accés aux matières artistiques pour les élèves en difficulté, qui veulent mettre en place l'apprentissage à 14 ans, réformer les ZEP de façons suspectes, etc. Sans parler du budget aloué à la Culture depuis quatre ans, véritable peau de chagrin.
publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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