Un petit coucou


boîte à mots

Dimanche 9 mars 2008
Même si ça semble désespéré, même si c'est local, même si ça vous barbe, même s'il fait beau, même s'il pleut des cordes, même si vous avez fait la foire hier soir, même si vous avez envie d'une grasse mat qui dure jusqu'au lundi, même si vous êtes invités chez les beaux parents, même si le petit dernier fait ses dents, même si le grand n'a pas fait les devoirs, même s'il y a Drucker à la TV, même si vous ne voulez pas louper les conseils de Valérie Damidot ou de Super Nannie, même si vous avez piscine, même si vous venez de recevoir votre dernier sextoy, meme si les mandarines sont pourries : ALLEZ VOTER !!!


carte-electorale-2.jpg
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Vendredi 7 mars 2008
Pour qu'ils voient qu'il y a en France des gens qui se désolent du discours de leur président envers le continent africain...

Te souviens-tu avoir dit ceci : "Le drame de l'Afrique c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire." Mais de quel droit, de quelle attitude peux-tu dire cela ? De quelle chaire ? De quel mandat ?
Et puis : "Jamais l'homme (africain) ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin." Mais qu'est-ce qui t'a pris de dire une sottise pareille ?
Et puis encore : "Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfane." On dirait la vieille pub : "Y a bon Banania..."
J'étais voici quelques jours à Dakar et je discutais avec de jeunes chefs d'etreprise sénégalais. Ils étaient immergés dans l'Internet, faisaient des affaires, prenaient des marchés et se moquaient bien de ce que tu avais pu leur dire.
En revenant vers Paris, j'en retrouve quelques uns. Je leur pose cette question : "Vous allez à Paris ?" Tu sais ce qu'ils me répondent ? "Non, Monsieur, on passe par Paris mais on va à Pékin..."


Lettre à Nicolas , François Léotard
"Ca va mal finir" editions Grasset
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Vendredi 7 mars 2008
ca-va-mal-finir.jpgCroyez-moi, ça m'a couté d'acheter ce livre. Mais je ne le regrette pas !
J'en avais lu des extraits sur le net qui m'avaient quelque peu séduite. Mais de là à lire un livre d'un homme politique de droite... Ca tenait quelque part de mission impossible.
Et puis hier matin, je voulais faire un cadeau à une amie et je suis rentrée dans une librairie. Pendant que la libraire cherchait mon livre, j'entends un autre client demander : "Vous avez le dernier Léotard ?". L'autre vendeur lui a répondu : "Sur la table, juste devant la dame."
La dame, c'était moi. J'ai pris ça comme un signe. Tout en me coupant la respiration comme quand on attrape un objet mal-odorant , j'ai pris un bouquin sur la pile que j'ai tendu au monsieur et un second pour moi.
J'avais, juste après, un rendez-vous médical. Dans la salle d'attente, j'ai commencé à lire "Ca va mal finir". Et là, surprise, ce fut un vrai régal. Non seulement ce que Léotard dit du Roi des Mouches est plaisant en soi pour les opposants au régime quelqu'un de gauche comme moi, mais en plus, c'est extrèmement bien écrit. Et je pèse mes mots. Le style, le rythme, l'humour, l'ironie, la poésie, la sensibilité, la sincérité, les citations choisies : tout y est.
Léotard démonte de façon minutieuse toutes les actions politiques du Roi des Mouches, du Sacre de la Concorde au Mariage Princier. Il passe en revue la campagne électorale pour les présidentielles, les choix gouvernementaux, l'ouverture, l'accolade à Khadafi, les infirmières bulgares, les mots malheureux au Guilvenec et ailleurs, le paquet fiscal, les amitiés douteuses avec les patrons du CAC40, la franchise médicale, les tests ADN, les arrestations des étrangers, le Ministère de L'immigration... Il fait des analogies historiques parfois mélancoliques, souvent truculentes. Il dit sa souffrance de voir son vieil ami détruire la France Des Lumières. Sa souffrance de l'avoir laissé faire.
"J'avais lu dans Port-Soudan, le beau livre d'Olivier Rolin, cette phrase que j'aurais voulu coller sous son miroir du matin. "Si c'est faiblesse de ne pas croire en soi, c'en est une autre, et plus ridicule encore, que de n'en jamais douter." De toute la force de son énergie, Not'Maître à venir refusait cette faiblesse, indigne de lui, et surtout des épreuves qu'il avait déjà traversées.
On se souvient qu'il répétait volontiers qu'on ne faisait appel à lui que dans les moments désespérés. Alors il arrivait, soulevait le RPR et l'exaltait en quelques jours, redressait le Budget de le Nation, rendait à la police la confiance qui lui manquait.
Déjà, on aurait du se méfier. "Si c'était si facile que ça, croyez-vous qu'on m'aurait appelé ?" Combien de fois l'avions nous entendue cette question qui tétanisait les journalistes car, elle ne permettait aucune réponse. Blanchot avait raison : "La réponse, c'est le malheur de la question..."
C'est vrai, on aurait du se méfier. Dans le monde sauvage des animaux politiques il ne faut pas être sur le passage du prédateur. Je le sais, j'ai traversé imprudemment la savane"

Le livre se présente en trois parties. La première décrit l'action du Roi en sept chapitres sous la forme biblique : "Au premier jour était..." La deuxième partie est un dialogue entre Léotard et la mythologique Cassandre, celle qui prédisait l'avenir mais que personne ne voulait croire. Un regard sur l'histoire de France et la rupture au niveau de la fonction présidentielle par rapport aux prédécesseurs. La troisième partie est composée de deux lettres. L'une adressée à cet ami que Léotard ne reconnait plus, la deuxième au Général de Gaulle qu'il n'a pas connu. L'ensemble forme un récit qui m'a captivée, fait rire autant qu'émue parfois aux larmes - j'suis une fille sensible, surtout sur certains sujets -.
Le titre semble inadéquat à première vue, un peu raccoleur même car Léotard ne prédit pas l'avenir. Mais, il le pressent en homme sensible, cultivé et intelligent. Et ce qui est appréciable, c'est qu'il le fait sans haine et sans rencoeur. Ce qu'aucun homme de gauche n'aurait pu faire dans le cas présent.

Souvent quand on lit un livre, on en tire une phrase ou un chapitre qui nous a marqué. Dans ce livre là, j'ai souligné tellement de passages que je ne saurais en choisir un spécifiquement. Cependant, une citation de René Char à propos des gens de gauche qui ont acceptés de rentrer dans le gouvernement m'a spécialement marquée car elle exprime ce que je pense de ces personnes :
Ils avaient oublié la belle phrase de René Char : " Ne te courbe que pour aimer..."
Ils n'aimaient pas mais ils se courbèrent...
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Mercredi 5 mars 2008
Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

[?] : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue. Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là. Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?

[?] : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier. On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent. Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

[?] : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte. Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités. Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte : une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme. C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.

Et la liberté de la presse dans tout çà ?

[?] (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?


Texte envoyé par jlb


Non ce n'est pas une interview de Leotard à propos de son ex poteau le Roi Des Mouches. Il s'agit d'un entretien imaginaire avec Victor Hugo [?] . Les réponses sont tirées de son ouvrage "Napoléon le Petit", pamphlet républicain contre Napoléon III.



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Jeudi 28 février 2008


Qui a dit :
"Ce n'est pas parce que c'est un gouvernement légitime
qu'il doit se permettre n'importe quoi"  ?


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