Un petit coucou


boîte à mots

Samedi 12 novembre 2005

 

 

 

 

 

 

 

Vive les longs week-ends ! Je n’étais pas allé au cinéma depuis juillet dernier…

 

 

 

Je voulais voir Wallace & Gromit mais il était en VF. Je me suis rabattu sur Match Point. J’avais envie d’un film drôle pour changer de la morosité ambiante… Et là, surprise : un nouveau W. Allen. est né ! On est loin des situations burlesques (mais réfléchies) auxquelles il nous a habitués. On y retrouve un de ses thèmes préférés : histoire de couples en mal de vivre. Mais pas un moment on n’a envie de rire. On y voit le personnage principal s’enfoncer peu à peu, sans aucun espoir de se sortir de la situation où il s’est mise. W. Allen réussit le tour de force de maintenir jusqu’à la fin le côté dramatique de la situation. Le tout sur fond de société anglaise. Chapeau bas Woody !

Synopsis : Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra.

Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

Site officiel du film

 

publié dans : Lu, Vu, Entendu par Madison
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Vendredi 11 novembre 2005
Aujourd'hui, je ne ferai pas de commentaires sur ce qui se passe en France. Pourtant il y a encore de quoi dire...
Non, aujourd'hui, j'ai choisi d'ajouter à cet espace des photos d'enfants prises pour la plupart dans une école maternelle du 11éme arrondissement il y a 12 ans...




(suite de l'album Enfance)
publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Jeudi 10 novembre 2005
Je suis passée Place de l'Etoile ce soir. Tout était prêt pour les cérémonies du 11 novembre. Un drapeau tricolore, immense, flottait lentement sous l’Arc de Triomphe. Ca avait de la gueule… Et pourtant ce spectacle était quelque peu anachronique, paradoxal aussi. Célébrer la paix, la grandeur de la France alors qu’à quelques kilomètres de là, cette même France a des allures de combat.
 
Je n'arrive pas à condamner les actes de violence de ces jours derniers. Et pourtant il n’y a aucune excuse autorisant la destruction du bien de tous ou du bien d’autrui. Je ne condamne pas ces actes, car ce ne sont pas des actes de vandalismes ordinaires (même si on peut supposer que certains ont profité de la situation). Je ne condamne pas ces actes, je condamne la situation qui les a provoqué, tout comme je ne condamne pas les meurtres en temps de guerre mais je condamne la guerre en elle même.
 
Ce qui me frappe, c’est le silence. D’un côté, des hommes en devenir sans avenir, qui n’ont plus les repères qu’une société peut leur offrir, qui n’ont plus les mots pour exprimer leur mal être. De l’autre côté, des politiques qui ne savent plus quoi dire car ils ne comprennent pas.
 
Quand j’ai vu le drapeau tout à l’heure, j’ai imaginé que quelqu’un y mettait le feu. Détruire pour reconstruire.
 
Penser autrement…
 
publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Jeudi 10 novembre 2005
début de l'histoire

Quand je ne suis pas devant mon PC, je lis. Les aventures de Laferrière à la rencontre des Américains me font rire. Certaines me rappellent des morceaux de ma vie.
 
« Qu’est-ce qui vous fait croire que les blondes sont attirées par les Nègres ? » J’ai passé un après-midi à démontrer à U. que les Noirs sortaient souvent avec des blondes. Il ne me croyait pas, il préfère les brunes, tant mieux pour moi. On s’est assis sur un muret des Champs Elysées et on a compté.
 
Entre ce que j'écris et ce que je lis, mes idées vagabondes. Je suis surprise chaque fois que je découvre dans le bouquin ce que j'ai pensé la veille où la demi-heure avant. Toutes ses réflexions sur la couleur de la peau, les origines, le racisme, Michael Jackson, Spike Lee, les ghettos, je me les suis faites à un moment ou un autre.
 
Je me demande ce qu'il aurait écrit s’il avait traversé l’Europe au lieu des USA.
 
Europe colonisatrice, Amérique terre d'esclavage : est-ce de là qu'est née une différence de mentalité ? Pendant que l'Amérique exploitait le peuple noir, l'Europe maintenait la servitude ouvrière. Traces indélébiles. Ici, le racisme prend sa source dans les problèmes économiques. Litanie lepéniste : l'étranger est cause de tous les maux de la société. Il a plein de gosses, parfois plusieurs femmes, il ruine la Sécu et les Allocs. Il n'a même pas besoin de bosser avec tout ce que lui verse l'Etat. Et dire que vingt pour cent d'abrutis croient à ces inepties. Ils sont pourtant bien contents qu'Il ramasse leurs ordures, l'étranger. Il est vrai que ces temps ci, le chômeur a faim, il voudrait bien ramasser les ordures lui aussi.  
 
Va et vient fascinant entre ce que Laferrière écrit et ce que j'en pense, entre ce que je pense et ce qu'il en écrit. Jusqu'à cette rencontre qu’il fait avec Myrna, page 397, et qui m'assassine. Il est deux heures du mat, je suis dans mon lit adossée à une montagne de coussins. J'entame le chapitre. Quand tout à coup :
« A laquelle des filles...
- Des Miz ?
- Oui, à laquelle des Miz t'identifiais-tu ?
- Aucune. J'étais toi. »
Je me redresse d'un bond. Ah non ! C'est moi qui ai pensé ça ! Je l'ai même écrit ! Je ferme le bouquin. Sentiment étrange. Impression d'être dépossédée de quelque chose d’intime. Je me rallonge. Je rouvre le livre. Pourtant je ne ressemble en rien à cette Myrna. Mais je suis jalouse de cette rencontre. Depuis, le début, j'ai pris Dany Laferrière comme interlocuteur et ses livres comme sa part de dialogue. Ce n’est pas juste !
 
Je décide d'en finir avec lui. Je lis les derniers chapitres. Je pose le livre sur la pile de ses autres livres, que j'ai acheté d'un bloc. Et j'éteints la lumière.
 

Fin de la Première Partie

 
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Mercredi 9 novembre 2005
18h05, infos sur France Inter. Je l'entends aboyer à l'Assemblée : "...les étrangers... expulsion... honneur d'être accueillis en France..."

On ne l'avait pas entendu ces derniers jours "parce qu'on l'accusait d'avoir mis le feu aux poudres..." dit le journaliste. Je me demande s'il ironise... 

Il ouvre à nouveau la bouche et j'ai un frisson.


Lui est-il si difficile de s'excuser pour les propos qu'il a tenu ? Est il conscient de son arrogance, du mépris qu'il affiche ? J'ai entendu un de ses sergents dire qu'il ne comprenait pas pourquoi on lui en voulait alors qu'il était le seul homme politique à défendre la discrimination positive... Je n'ai jamais compris comment une discrimination pouvait être positive...

Je pensais que si on était né en France on était Français, même si cela n'a pas toujours était le cas. Mon père a du essuyer des jets de pierre, les "sale étranger" hurlés sur le chemin de l'école et attendre d'être majeur avant d'avoir cette nationalité. Pourtant il n'avait jamais mis le pied sur le sol espagnol d'où venaient mes grands parents. Après deux générations, dois je encore me présenter comme issue de l'immigration ? En y réfléchissant, pourquoi pas... par provocation.

Monsieur le Ministre de l'Intérieur, vous ne faites pas honneur à cette France qui a accueilli votre famille dans le passé.


On n'choisit pas ses parents, on n'choisit pas sa famille
On n'choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C'est toujours un hasard...

Etre né quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part...

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On n'choisit pas ses parents, on n'choisit pas sa famille
On n'choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire...

(Né quelque part - Maxime Le Forestier)


publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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