Un petit coucou


boîte à mots

Mardi 6 juin 2006

Ecrire - Ecrire - Ecrire pour rigoler - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire pour raconter - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire pour pleurer - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire pour ne rien dire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire pour se souvenir - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire -  Ecrire pour oublier - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire -Ecrire - Ecrire pour faire semblant - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire sur tout - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire sur rien - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire encore et encore - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire - Ecrire -

 

Peut-on tout écrire ?

Pas toujours.

Pas ces jours-ci.

Pas aujourd’hui.

Pas pour ce que j’ai à dire.

Alors je me tais.

 

 

silencio - Ibrahim Ferrer & Omara Portuondo


 

publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Lundi 5 juin 2006







Dans quoi je me suis embarquée ! Cela fait quatre jours que j’essaie d’écrire ce fichu article sur la psychanalyse promis depuis mardi. Envie de partager. Peur de trahir. Besoin de rester précise. Refus de faire du dogmatisme ou du prosélytisme. Je relis vos commentaires, j’écris, j’efface mais rien ne vient. Ce matin je me dis : « Freud a découvert les mécanismes de l’association libre, et, en partie grâce à ça, la psychanalyse. » Alors j’ai décidé de suivre la chronologie de vos réflexions et questions et d’y répondre du tac au tac.

 
« ... la psychanalyse, à laquelle je m'intéresse depuis assez longtemps, est par nature assez subjective, et un terrain mouvant dans lequel il faut s'aventurer avec prudence (d'un côté comme de l'autre lors d'une analyse, surtout du psychanalyste). Mais c'est une exploration formidable si l'on est entre personnes disposées et compétentes : le psychanalyste, et l'occupant(e) du divan s'il (elle) joue le "jeu"... » (Dominique)


S’il y a bien un terme qui désigne la psychanalyse c’est celui-là : « subjectivité ». En effet, la psychanalyse est la science du sujet. Même si elle admet de l’universel (l’inconscient, la répétition, la pulsion, le désir, l’identification…) elle considère chaque sujet et son histoire comme uniques. Un évènement, une rencontre, un mot prononcé même s’il est vécu par plusieurs au même moment n’aura jamais la même résonance chez chacun (exemple : les enfants d’une même famille n’auront pas le même caractère, la même vision de leurs parents, les mêmes souvenirs d’un même évènement familial, etc.) C’est pour ces raisons que le seul à pouvoir interpréter un rêve est le rêveur lui-même. C’est aussi pour cela qu’un psychanalyste (digne de ce nom) ne doit pas guider le patient dans ces actes en s’appuyant sur des standards psychologiques (du type si A+B alors C). Il est juste là pour lui signaler les points importants dans ce qu’il vient de dire, lui signaler ce qui est dit derrière les paroles. (Signaler n’est pas dire ou expliquer)
Pour ce qui est de la prudence en analyse ou de jouer le jeu, il est évident que du côté des psychanalystes comme dans beaucoup de professions, il y en a de moins scrupuleux ou de moins compétents que d’autres. Mais une analyse est aussi de la responsabilité du patient. On fait cette démarche pour se libérer de quelque chose. Si on reste enfermé dans une relation analytique qui ne fait rien bouger, il faut prendre la décision d’aller voir ailleurs. Comme il y a des analystes inopérants, certains patients le sont aussi à leur manière en choisissant des thérapeutes qui ne les bousculeront pas. On ne va pas en analyse pour « jouer » justement.


« La psychanalyse repose d'abord sur la communication… » (Dominique)


La psychanalyse ne repose en rien sur la communication. On ne va pas en analyse pour tailler le bout de gras. On y parle mais pas avec l’analyste. On se libère par la parole. L’analyste ne joue le rôle que d’un réceptacle vide pas d’un répondant.


« Quand on se connaît mieux déjà, que l'on s'accepte et que les autres vous prennent comme vous êtes, et non pas comme ils voudraient que l'on soit... » (Dominique)


Qu’on ait fait une analyse ou pas, on ne pourra pas empêcher les autres de nous voir autrement que ce que nous sommes ou de vouloir qu’on soit différent. Par contre, après une analyse, on a le moyen de ne pas se laisser enfermer dans le discours ou la vision des autres.


« C'est une belle oeuvre la psychanalyse, qui commence souvent par "celle" que l'on peut avoir la chance de faire avec un (une) ami(e), le (la) partenaire, un proche, avec qui l'on peut parler et qui sait vous écouter... Autrement dit un peu plus d'humanité, de compréhension, de tolérance, et d'acceptation de la différence des uns, peut déjà éviter le divan à d'autres... » (Dominique)


S’épancher sur l’épaule d’un(e) ami(e) n’a rien à voir avec la psychanalyse. On peut parler de compassion, d’écoute amicale, d’empathie, de conseil, quatre attitudes dont l’analyste doit se défaire absolument s’il veut être efficace.
Rien ne peut éviter le divan puisque ce n’est pas une obligation. C’est avant tout un choix. Celui qui fait la démarche d’aller en analyse ne cherche pas à l’éviter par définition.


Dominique, dans un second commentaire, tu insistes sur "l’évitement" possible du divan : « ... deux choses pourraient éviter à bien des patients de passer plus tard sur le divan du (ou de la) psychanalyste.

UN : l'écoute et la tolérance mutuelle entre les gens, qui évite les refoulements et autres frustrations. DEUX : la mise au placard des réminiscences de la vieille éducation judéo-chrétienne, dont les "ravages" sur les corps et les esprits sont souvent du "pain béni", plus tard, pour les psychiatres et les psychanalystes. »


La structuration de l’inconscient n’a rien à voir avec la culture sinon, d’après ton raisonnement, la psychanalyse n’aurait pas de succès en Asie ou en Afrique. Il existe bien sur des parents ou des circonstances qui font que les traumatismes de l’enfance sont plus ou moins terribles. Mais cela n’entraîne pas forcément un besoin de thérapie quelle qu’elle soit. Tout comme il n'est pas nécessaire d’avoir eu une enfance à la Zola pour aller en analyse.


« Car au-delà des véritables problèmes psychologiques (névroses, psychoses, traumatismes, maladies, etc.)… » (Dominique)


Petite précision théorique : pour la psychanalyse, névrose et psychose ne sont pas des problèmes psychologiques mais des structures psychologiques immuables de la vie de chacun. On est soit névrosé (hystérique ou obsessionnel), soit psychotique (paranoïaque, schizophrène, autiste,…) soit pervers. L’influence psychologisante étasunienne a fait passé les termes « psychotique » ou « névrotique » dans le langage courant de façon erronée. Dire de quelqu’un qu’il est névrosé pour dire qu’il est angoissé est une ineptie. Tout comme penser que n’importe qui puisse un jour devenir psychotique et en guérir. Comme le disait Lacan : « N’est pas fou qui veut. »




On va arrêter là pour aujourd’hui, non ? La suite dans les prochains jours. (Merci Dominique, tu m’as donné matière !)
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Dimanche 4 juin 2006
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Etonnant non ?

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Dimanche 4 juin 2006

Jeudi j'ai pris une décision qui va changer ma vie.

Jeudi j'ai eu envie d'écrire :
"Aujourd'hui, j'ai pris une décision qui va changer ma vie."

Jeudi je me suis ravisée.
Toutes mes décisions n'ont-elles pas vocation à changer ma vie ?
Alors pourquoi écrire celle-là plutôt qu'une autre ?
Surtout qu'il ne suffit pas de prendre cette décision pour qu'elle change ma vie.
Il faut encore que le changement opère.

Je peux donc écrire que jeudi j'ai pris une décision :
me donner une possibilité de changer ma vie...

Ce changement n'aura peut-être jamais lieu.
Mais déjà ma vie a changé.


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Samedi 3 juin 2006

Hier soir j’étais invitée avec d’autres chez une collègue. La soirée était très agréable. On a bien sur parlé boulot mais la conversation a vite dévié. Evidemment, après le sexe et le foot, entre la poire et le fromage, on en est arrivé à parler politique (je précise qu’il n’y avait ni poire ni fromage mais j’avais envie de la placer celle-là).

C’est toujours délicat de parler politique quand on ne connaît pas celui qui vous accueille. Je savais en gros que la majorité de mes collègues avaient des idées proches des miennes mais pour l’hôte de maison, j’avais des doutes. On a toujours des a priori, surtout quand on sait que la personne est militaire de carrière et quand pendant l’apéro, on a vu dans la bibliothèque beaucoup de livres d’histoire et de conquêtes militaires. Qu’on a quand même pu trouver « Le garçon d’Italie » dans un rayon mais qu’en voulant parler de la beauté de ce livre on a entendu : « Moi tu sais les histoires de pédés… » (je tiens à préciser que j’ai des militaires et des passionnés d’histoire dans la famille qui me permettent de prendre du recul par rapport aux idées reçues, mais en l’occurrence là, on frisait quelque peu la caricature…).

Pour en revenir à la discussion, il se trouve que le monsieur commence à tirer à boulet rouge (heu… oui, enfin, bon, vous verrez par la suite) d’abord sur Le Pen puis sur Sarko. Tout le monde se détend, on était donc sur le même terrain. On parle du premier tour des dernières présidentielles. Tout le monde s’accorde à dire que ce jour là, nous n’avions pas encore atteint le sommet de l’horreur. Dans ma tête, l’horreur suprême serait un deuxième tour Sarko/Le Pen aux prochaines élections. Mais le mari de ma collègue me devance dans la discussion : « Le pire serait d’avoir à choisir entre le FN et les Communistes ».

Il est de ces instants où on sent que le temps s’arrête. Toutes les petites cuillères pleines de crème glacée sont restées en l’air dégoulinantes. Dans le silence pesant qui s’était fait, ma voisine de gauche (quand la table est ronde on a tous un(e) voisin(e) de gauche) dit tout doucement : « Sans hésiter je vote communiste. »  Et là notre hôte devient tout rouge (mais pas par idéal politique apparemment). Avant qu’il ne commence à parler, ma voisine de droite (qui vote à gauche, faut suivre) lance : « Le pire serait quand même Sarkozy/Le Pen, non ? ». Je renchérie en disant que cet homme et ses idées populistes est bien plus dangereux que Le Pen parce que plus pernicieux et intelligent. Là le monsieur qui n’en peut plus explose et nous lance à la figure : « Vous ne pouvez pas dire que l’UMP et le FN sont la même chose. C’est comme dire que Besancenot et Jospin sont pareil. » La comparaison m’a fait sourire car je me souviens qu’on avait reproché à Jospin d’avoir été strostkiste. « Personne n’a dit que l’UMP et le FN sont la même chose. On parle juste de Sarko en tant que personne et non en tant que représentant de l’UMP. Et cet homme est bien plus dangereux que Le Pen ». Et c’est alors que le monsieur furieux nous dévoile sa dernière carte : « On peut trouver Sarko démago sur le fait qu'il fasse de la lèche aux communautés juives ou arabes… » Je ne vous mets pas la suite de sa diatribe qui ressemblait plus à un plaidoyer xénophobe qu’autre chose. Avec en conclusion : Sarko ne peut pas être raciste car il est étranger. Et il ne peut pas être dangereux parce qu’il est à l’UMP. (Logique aristotélicienne ?).

Regards croisés dans un silence pesant. « Un café, un thé, une tisane ? » propose ma collègue plus que gênée par le discours de son mari. Heureusement, ils avaient une Nespresso… Georges Clooney est venu nous rejoindre dans la conversation. « What else ? » Le monsieur (notre hôte, pas Georges) est parti faire la vaisselle.

 

Pour ceux qui n'aurait pas la tv :




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