Un petit coucou


boîte à mots

Lundi 11 février 2008
bouton-politique.jpgCa fait du bien. Oui, ça fait du bien de voir qu'on n'est pas tout seul à percevoir certaines choses, qu'on n'est pas tout seul à voir que le Monde marche sur la tête. Ca fait du bien, mais ce n'est pas rassurant.

Ce n'est pas rassurant car la suprématie du chiffre et de l'évaluation est bel et bien en marche. Oh, ce n'est pas nouveau... Mais on semble avoir atteind un point de non retour. Cela fait maintenant partie du paysage et plus personne ne s'en étonne. Globalisation chérie, quel beau travail tu as fait depuis la chute du mur de Berlin ! Le capitalisme est devenu l'idélogie triomphante. Tout doit être rentable, quantifiable, gérable, organisable, maîtrisable, évaluable. Tout même l'être humain.

Qui s'émeut des 25000 expulsions imposées par Hortefeux ? Qui interroge l'évaluation des ministres ? Qui dit merde aux sondages qui font la pluie et le beau temps dans la vie politique ? Qui se scandalise sur la possible évaluation des profs ? Qui remet en question la pression évaluatrice qui pèsent sur les élèves ? Qui se révolte contre la gestion du social, contre la franchise médicale ou l'éviction des chomeurs des listings de l'ANPE ? Qui remet en cause tous ces quotas qui bornent la gestion du pays ?

Les rares qui le font passent pour des fous ou des emmerdeurs. Car la machine est bien huilée. Le système fonctionne sur des évidences et des règles qui semblent scientifiquement irréprochables. On optimise, on optimise. Risque zéro, expertises, évaluations, mises en statistiques prévisionnelles. Tout doit être parfait dans un monde parfait. Et pour cela, il faut modeler l'Homme, lui inculquer les comportements adaptés, le médicaliser lorsque sa souffrance remet en cause le système, lui donner des pilules pour le faire bander coute que coute. Jouis ! Telle est l'injonction. Jouis car ce monde est merveilleux !

"Travaillez plus pour gagner plus" qu'il disait. Et tout le monde a applaudit si fort qu'on n'a pas entendu la fin de la phrase : "... gagner plus pour consommer plus". Car évidemment, derrière cette maxime qui a fait le succés de qui on sait, on se moque bien du bonheur du travailleur. Et si ce dernier ne supporte pas le monde qu'on lui propose, on l'enverra chez le cognitiviste qui le rendra opérationnel en 10 séances ou on lui donnera quelques euphorisants pour qu'il oublie sa souffrance.

Ne vaudrait-il pas mieux travailler mieux pour vivre mieux ? Malheureusement ça, même la Gauche - bien pensante - a oublié ce que ça pourrait vouloir dire. Et dans son élan politicard à vouloir plaire à tout prix, elle fait elle aussi tourner la grande roue de l'infortune de l'humanité.

Ce weekend à la Mutualité était une tentative de résistance. Les psychanalystes sont des empêcheurs de tourner en rond avec leur opiniâtreté à faire émerger des êtres libres de penser autrement, des sujets désaliénés, des individus qui peuvent fonctionner hors du groupe. La Psychanalyse, pour le comportementaliste et l'évaluateur, c'est la bête à abattre. Et elle est dans le collimateur de ce gouvernement et du précédent depuis les premières lois Accoyer sur la santé publique. Mais elle n'est pas la seule à s'insurger.
A la tribune se sont succédés des philosophes, des sociologues, des personnalités issues du monde universitaire, social, politique... Tous à leur manière ont fait un même constat et ont exprimé leurs craintes de ne voir émerger aucune alternative à cette politique idéologique du chiffre qui prétend gommer la souffrance et donner au monde l'aspect lisse d'une normalité propre et sans défaut.

Voici quelques phrases - de mémoire ou vite notées - entendues lors du meeting :

Rappel philosophique exposé par Bernard Henri Levy :
- L'âme n'a pas de siège. (Spinoza)
- Le corps n'est pas un organisme - au sens d'organisé -. Il peut disfonctionner d'un moment  l'autre et d'un individu à l'autre. L'homme est un clavecin (Diderot) qui peut jouer à l'infini de nouveaux morceaux tout comme il peut jouer de fausses notes.
- Chaque être humain est unique : la rencontre du corps et de l'âme est un coup de dés qui ne dépend d'aucune science.
- Quand deux visages se font face s'ouvre une trouée hors de l'être. L'intersubjectivité empêche la justesse d'une évaluation d'un humain par un autre humain.
- La névrose n'est pas une maladie (Freud). Penser que le monde puisse se construire sans souffrance est une utopie.
- toutes les découvertes scientifiques sont nées de la poésie, de la curiosité, de l'inventivité, de la créativité des chercheurs et non de leur savoir livresque des théorèmes. Un exemple parmi tant d'autre : la découverte de la biologie cellulaire.


Analyse du monde politique actuel par Michel Chauvière, sociologue :
A partir du moment où les politiques décident de gérer au lieu de gouverner, ils tuent la politique et provoque le désintérêt du peuple pour la chose publique. Le politique se met au service du citoyen comme le produit de consommation est au service du client.

Le système de l'évaluation au service de l'idéologie par Vincent de Gaulejac, sociologue :
Le système de l'évaluation prétend poser les règles du savoir en avançant des thèmes prometteurs voire divinatoires : on évalue ce qu'il y a de mieux pour arriver au risque zero et on en fait des prévisions sur l'avenir. Cette normalisation généralisée est une remise en cause de l'évènement, de l'originalité, de la créativité, de l'innovation. Un monde sans souffrance est un monde sans évènement.

La situation de l'action sociale par Christophe Deltombe, nouveau président d'Emmaüs :
Il y a dans les cartons du gouvernement une nouvelle loi contre le vagabondage sur le motif d'occupation abusive du bien public - en gros : le trottoir -. Le contrevenant risque 6 mois de prison et 3650 € d'amende - qu'il va payer sans problème, c'est sur ! -, plus confiscation de l'objet permettant le délit - adieu sac de couchage et tente donnée par les Don Quichotte -.

Récit de l'évaluation du département de Psychanalyse de Paris 8 par Gérard Miller :
Question posée par un des sept évaluateurs : "la Psychanalyse est-elle une science ou une religion ? Car si c'est une religion, je n'ai pas la capacité de l'évaluer."

Un évaluateur est un homme qui ne ressent aucune émotion et qui note tout. S'il se pince les doigts dans une porte, il ne lachera aucun juron. Il prendra son carnet et notera :
"Aujourd'hui 16h24, je me suis pris les doigts dans une porte. Niveau de douleur : 5. Mots clés : ouille - ça fait mal."

Si je me suis allongée si longtemps sur le divan d'un psychanalyste, c'est pour justement ne pas me coucher devant ce genre d'imbéciles.



PS : Je fais mienne cette dernière phrase !
:-)


publié dans : Politiquement Correct par Madison
commentaires (11)    ajouter un commentaire
Dimanche 10 février 2008
"Si le Monde était un village de 100 habitants" ,
vieux concept repris aujourd'hui en video :




Une traduction proche  ici


publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
commentaires (6)    ajouter un commentaire
Samedi 9 février 2008

"Celui qui ne comprend rien

comprend toujours mieux
que celui qui comprend mal."



Cité aujourd'hui par Philippe Sollers
Malheureusement, je n'ai pas retenu le nom de l'auteur.[*]



[*] mise à jour du 11/02/08 : La citation est de Joseph de Maistre : merci Lili !!!!


publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
commentaires (6)    ajouter un commentaire
Samedi 9 février 2008
bouton-politique.jpg                Ce weekend, si vous voulez me voir, je serais là :

undefined

Au programme :



Samedi matin
10 h :

Carole Dewambrechies,
Ouverture
10 h 15 : Jacques-Alain Miller,
Ouverture 2
10 h 30 : LNA-Rédaction,
Que peut la psychanalyse dans
le moment actuel ?

11 h : Éric Laurent,
Le calcul massif tue le sujet
11 h 30 : Charrière-Bournazel,
Vers une société de délation ?
12 h : Milner,
Les nouvelles sciences occultes
   


Samedi après-midi


15 h : Sollers,
Un État de déliquescence
16 h : Catherine Clément,
La rigueur du savoir
17 h : BHL,
Nouvelles figures de

l’obscurantisme
 
Dimanche matin

La folie évaluationniste,
l’Université sadisée

10 h - 13 h
avec Alain Abelhauser,
François Ansermet, Roland Gori,
Jean-Claude Maleval,
Philippe Meirieu, Isabelle This
 


Dimanche après-midi

15 h : Yves-Charles Zarka,

Contre le cognitivisme
15 h 30 : Vincent de Gaulejac,
La politique contaminée par la
gestion

16 h : Michel Chauvière, Qualité,
évaluation, bonnes pratiques :
l’intervention sociale en grande
difficulté politique

16 h 30 : Christophe Deltombe,
Vers un lien social solidaire
17 h : Robert Hue,
La politique devant le dogme
de l’évaluation

17 h 30 : Gérard Miller,
Qui veut la peau de Sigmund
Freud ?



Je vais louper les matches des 6 Nations
mais je compte sur Piero pour les résumés :-)


publié dans : Politiquement Correct par Madison
commentaires (4)    ajouter un commentaire
Vendredi 8 février 2008
Année 2008 : Cette année sera faite de contrastes, de hauts et de bas. Elle amènera tout un cortège de petits bonheurs et de menus malheurs. Si vous avez appris l'art de vous appesantir cheval.jpgsur les bons côtés de la vie et de minimiser ses mauvais côtés, il n'y aura pas raison pour que vous ne soyez pas heureux. Pour bien profiter de l'année, comme d'ailleurs de la vie en général, suivez l'exemple de Joubert : "Au lieu de me plaindre de ce que la rose a des épines, je me félicite que l'épine est surmontée de roses et de ce que le buisson porte des fleurs".
Autant votre vie privée semble protégée, autant votre vie professionnelle et sociale demandera des efforts de souplesse. L'année risque d'être marquée par des surprises de taille. Vous aurez intérêt à ne pas vous bloquer si des changements viennent bouleverser votre plan de carrière. Étant donné les configurations astrales favorables de l'année, ces modifications joueront en votre faveur. À une condition : que vous acceptiez le défi. Ne doutez pas de vos capacités ; vous trouverez en vous-même les ressources nécessaires pour tirer le meilleur parti des événements.

Cheval de Feu : Entreprenant, fougueux, vous vous lancerez dans de vastes projets, tout en veillant à éviter les risques excessifs. Grâce au soutien de la planète Kinh Duong en charmants aspects, vous saurez mettre de l'eau dans votre vin.

Source : Le journal des femmes
Calligraphie : Yvo Jacquier



Bon ben, à première vue, ça colle avec ce que j'imagine de l'année à venir.
En plus, j'aime bien les surprises !

Reste plus qu'à faire quelques assouplissements et tout va se dérouler pour le mieux.
;-)



publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
commentaires (4)    ajouter un commentaire
 
definir blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus