Pour 2008, couleur ou noir&blanc ?...
"L’enseignement et la connaissance sont importants
parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles,
a fait de nous des humains,
et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale"
D. Faust, Présidente de l’Université de Harvard
Il y avait longtemps que je n'avais pas parcouru la blogosphère. En plus d'aller saluer les vieux potes blogueurs qui comme moi ne postent plus autant qu'à la belle
époque - oui avant, c'était mieux ! ... Mais non, je rigole ! -, et ceux que je visite sporadiquement depuis peu, je me suis laissée guidée de nouveau blog en
nouveau blog en reniflant les nouvelles tendances.
Comme à chacun de mes voyages virtuels, j'ai été étonnée de la diversité, de la créativité, des styles et des trouvailles des blogueurs et de leurs espaces.
Cependant il reste des sujets qui restent incontournables et traversent les blogs, toutes générations confondues : l'amour et la politique.
Pour l'amour, c'est presque normal vu l'universalité du sujet. Pour la politique, il semblerait que les dernières présidentielles aient quelque peu exacerbé le
phénomène. Le nombre de blogs qui traitent quasi exclusivement de Sarkozy et de son (ses) action(s) politique(s) est impressionnant. Tout le monde y va de son commentaire sur l'actualité ou de sa
reflexion personnelle. Et même si parfois, je me lâche aussi ici, je m'interroge sur ce phénomène qui agite la ruche.
J'ai décidé, il y a longtemps déjà, de ne plus écouter ou regarder les infos tv qui ne font que relire, enrober et déformer les dépêches AFP. Depuis les élections,
j'essaie de me forcer à ne plus parler ici du président. Mais parfois, c'est plus fort que le roquefort ! En ça, je comprends le plaisir qu'il y a à débusquer tous les faux pas du bonhomme et à
se défouler en public de façon humoristique ou sur un ton plus sérieux. Mais voilà, à part ce plaisir là, immédiat et jouissif, est-ce que ça sert à quelque chose ? Car il faut bien se l'avouer,
c'est un peu prêcher pour des convaincus.
Avec un peu de recul, on pourrait se demander si cette agitation bloguesque n'est pas la traduction immédiate d'une certaine angoisse qui secoue notre époque en se
focalisant sur la personne du Petit Nicolas. C'est vrai qu'il est là et qu'il fait tout pour attirer l'attention, mais est-ce un hasard s'il se trouve à la tête de notre pays, la France, une des
nations les plus puissantes du Monde ? Est-ce un hasard si un Bush est à la tête de USA et un Poutine à la tête de la nouvelle Russie ? Ils ont tous les trois été élus par le peuple, plus que
jamais éduqué et informé et qui ne peut ignorer l'Histoire et la situation mondiale.
Ceux qui critiquent ici et là pourront toujours se défendre de ne pas avoir voter pour le hussard de l'Elysée. Mais, en tant qu'acteur plus ou moins passif de
notre société, ne sommes nous pas tous responsables de son ascension ?
Je ne prétends pas avoir les réponses à ce questionnement. J'avais 15 ans quand Mitterrand a été élu. J'ai grandi et construit ma vie d'adulte avec la certitude de
vivre dans un monde comme je l'avais toujours rêvé. Un monde solidaire, où tout le monde allait trouver sa place dans l'ascenseur social, où le racisme allait être vaincu, où l'économie serait au
service de la culture et de l'éducation, où le progrès scientifique offrirait santé et bien-être à tous... Vingt-cinq ans - et des poussières -
après, je me rends compte qu'au nom de ces idéaux, nous sommes arrivés à créer l'inverse. Les Restaus du Coeur sont devenus une institution, les idées de Le Pen se sont faufilées pour finalement
triompher, la science pure et dure est devenue parole d'évangile en faisant fit de l'affect et de la sensibilité, la culture est en voie de disparition, l'éducation qu'elle soit nationale ou
familiale part en vrille et la Terre souffre de plus en plus à cause de nos conneries.
Nous sommes tous responsables de ça. Responsables d'avoir donner à des associations pour dédouaner notre conscience, responsables d'avoir voulu voyager loin,
dans des pays à la beauté "sauvage" où la pauvreté des autochtones nous rassurait quant à notre propre bonheur, responsables d'avoir voulu le meilleur pour
nous et pour nos gosses sans se soucier de savoir si c'était au détriment des autres, responsables d'avoir voulu des voitures toujours plus puissantes, des produits technologiques toujours plus
perfectionnés sans se soucier de la protection de la planète, responsables de vouloir manger des cerises en hiver, responsables de vouloir mettre des tee-shirt à bas prix ou de vouloir utiliser
des robots mixer à prix réduits, responsables d'en vouloir toujours plus et toujours plus vite en pensant que c'est là la recette du bonheur...
Sarkozy représente tout ça. Il nous renvoie à la figure nos erreurs de parcours. Si le traquer, nous moquer, le fustiger peut nous défouler, ça ne suffira pas à changer les choses. - De toute façon, lui il s'en fout qu'on le critique, il est à la tête du Pays et il nous chie sur la tête en ricanant. -
Alors, arrêtons de parler de lui !
... Et trouvons un autre moyen de changer ce monde.
Bon allez, demain je vous parle d'amour, promis.
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