Un petit coucou


boîte à mots

Vendredi 7 décembre 2007

Pour 2008, couleur ou noir&blanc ?...

 
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publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Vendredi 7 décembre 2007

La mode, on ne peut pas dire que ça soit mon truc. Courir les boutiques pour le plaisir d'essayer des fringues, ça ne m'émoustille pas le moins du monde. La plupart du temps, je commande sur internet. Si ça me va, je garde, sinon je renvoie. Parfois, j'ai un coup de folie et je passe une matinée entière à faire la fille dans les grands magasins.
Mais bon, je reste très difficile dans mes choix. J'ai des critères de mode bien à moi. La matière par exemple. Il faut que ce soit doux et que ça ne se repasse pas - vive le Lycra !!! -. Pour le style, plus c'est sobre, mieux c'est... et plus c'est cher aussi. C'est un peu mon problème d'ailleurs. Je ne le fais pas exprès mais c'est souvent l'article le plus cher qui a ma préférence. C'est pourquoi je n'ai pas dix mille choses dans ma garde-robe. Je préfère un truc de belle qualité qui dure que des dizaines de petits machins à bas prix qu'on doit jeter après trois lavages. Cela dit, je serais la plus heureuse des femmes si la mode se résumait à un pareo et une paire de tong.

Mais passons, car ce n'est pas de ma façon de faire du shopping dont je voulais parler aujourd'hui.

Il n'aura échappé à personne que depuis quelques temps, la botte est à la mode. Et... il y a bottes et bottes. Tous les goûts sont peut-être dans la nature mais il y a des trucs que même la nature n'a pas envie de goûter.


Il y a quelques années, on a vu apparaître ceci :


ugg.jpg

Je veux bien qu'on puisse aimer le style, mais quand par effet de mode, on passe tout l'été avec ces engins aux pieds... je ne comprends pas. Rien que d'imaginer l'état des panards les jours de grande canicule, j'en ai les orteils qui frémissent. Sans parler de l'odeur qui doit se dégager quand vient le soir !


Cet hiver, le fin du fin c'est cette botte là :


bottes.jpg

Alors là, qu'on me traite de ringarde si on veut, mais rien qu'en lisant à droite et à gauche qu'avec une mini-jupe ou un petit short moulant c'est ce qui se fait de plus chic dans les diners en ville, je suis écroulée de rire ! Pour quelqu'un qui comme moi est née à la campagne et a usé un nombre incalculable de bottes en plastique dans l'enfance, je peux vous dire que c'est carrément ... bouh, j'arrive même pas à trouver de mot !
Et je ne peux m'empêcher d'imaginer la tête de mon oncle, agriculteur de son état, si à Noël, je me pointe avec ça aux pieds en lui soutenant que c'est à la mode dans la capitale.
Pour sûr que ça risque de le faire marrer le tonton !
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Jeudi 6 décembre 2007

"L’enseignement et la connaissance sont importants

parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles,
a fait de nous des humains,
et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale"

D. Faust, Présidente de l’Université de Harvard
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Jeudi 6 décembre 2007

Je sais, aujourd'hui je devais parler d'amour. Mais voilà, je rentre de la FAC et  je suis en boule.
Je suis en boule parce que les étudiants se battent depuis presque un mois et que tout le monde s'en fout !

Allez, soyez honnêtes, combien d'entre vous sont au courant des manifestations qui se passent cette après-midi dans toutes les grandes villes de France ?
Et combien d'entre vous savent pourquoi ?
... Un petit effort... mais si, vous savez bien, c'est contre la Loi Pecresse !

Si on ne nous bourrait pas le mou avec les aventures du Roi des Mouches[*] représentant de commerce en Chine, grand historien en Algérie ou amadoueur de terroristes en Colombie, ou encore avec Sego écrit un livre, Ségo se fait critiquer par son ex, Ségo veut dompter les éléphants du PS, on pourrait savoir ce qu'il se passe vraiment dans notre pays. Mais c'est vrai que l'avenir des jeunes n'est qu'un tout petit détail comparé à l'enjeu naaaaaaaaaaational que représente cette pauvre-ingrid-mon-dieu-t'as-vu-comme-elle-a-maigri - ben non je l'ai pas vu, je regarde plus la tv -. Attention, je n'ai rien contre Ingrid Betancourt et je déplore ce qui lui arrive, mais merde ! Là ça prend des proportions scandaleuses[**]. - Et je ne suis même pas sûre qu'elle approuverais un tel ramdam -.

La Loi Pecresse dite aussi Loi LRU (loi Relative aux Libertés et Responsabilités) devrait servir à réformer l'Université Française. Et dans le fond, c'est plutot une bonne chose de réformer l'Université. Entre les besoins en matériel et en personnel, les besoins de la recherche et la nécessité de lutter contre l'echec d'une grande majorité d'étudiants (echec de scolarité pour certains et de professionalisation à l'issue des études pour d'autres), il était tant de faire quelque chose. Pour cela, tout le monde s'accordait à dire qu'il fallait renforcer l'autonomie des Universités afin que chacune d'elles puissent répondre au mieux aux besoins qui lui sont spécifiques.
Mais voilà, autonomie ne doit pas avoir la même signification pour les uns et pour les autres. Certains voient dans ce mot un côté décisionnaire, d'autres plutôt le côté économique. Je vous laisse deviner à quelle signification la blonde Pecresse s'attache le plus...

L'autonomie pour ce gouvernement, c'est laisser l'administration des facs[***] dans les mains d'industriels qui ne seront évidemment pas des philanthropes. Ils vont fournir de l'argent, ils voudront des résultats.
Et c'est là qu'on retrouve la bonne politique du chiffre. Il va falloir rentrer dans une dynamiqe de l'évaluation. Evaluer les filières dans un objectif de rentabilité risque d'entraîner la disparition progressive de tout ce qui est Sciences Humaines au profit des filières économiques et technologiques. L'évaluation des enseignements (et des enseignants), toujours dans un but de rentabilité, risque de créer une université à plusieurs vitesses. Les "bons" profs seront amenés à travailler dans les "bonnes" universités. Les "bons" élèves se battront pour aller dans ces "bonnes" universités là.

Il ne faut plus se leurrer, l'égalité des chances a quitté depuis longtemps les bancs de l'école. Et une telle réforme va finir d'enfoncer le clou. Disparue l'université populaire, disparu le plaisir d'apprendre et de s'instruire. Si tu n'as pas les moyens, retourne bosser au fond de la mine.

On pourra toujours me dire qu'évaluer est un besoin. Parfois oui, mais avant d'évaluer, il faut savoir pourquoi. Si c'est dans un souci de rentabilité, il y a des choses qu'on ne pourra pas évaluer. Si c'est pour établir un classement, ce n'est pas valable non plus. - Prennez par exemple un 100m en athlétisme. La différence de chrono entre le premier et le dernier est si infime. Est-ce que ça veut dire que le dernier est complètement nul ? -

Malheureusement, la loi LRU n'est que la partie visible de l'iceberg - et vu que personne ne le voit cet iceberg, c'est plutôt mal barré -. Ce principe d'autonomie et d'évaluation risque d'être élargie à l'enseignement secondaire ainsi qu'à l'enseignement primaire. On évaluera les établissements qu'on aura mis en gestion dans les mains des collectivités territoriales, sur les résultats des élèves. Et tant pis si les élèves de certains quartiers sont dans l'impossibilité d'apprendre parce qu'ils ont la tête pleine des soucis quotidiens. S'ils ne sont pas bons en classe, ils iront dans des bahuts au rabais... ou alors, ils iront eux aussi bosser au fond de la mine avec leurs grands frêres.


Sur le fronton de l'école, trois mots se sont effacés.
Autrefois il était écrit : Liberté, Egalité, Fraternité...



[*] Quand je vous dis qu'il faut arrêter de parler de lui, ça ne fait que servir sa cause et rien d'autre...
[**] A ce propos, je vous conseille l'article de nea sur le pathos.
[***] La représentation des enseignants au conseil décisionnaire va diminuer
et il n'est pas garanti que le Président soit choisi parmi des universitaires.
Il pourra s'agir d'un pur gestionnaire
comme ça c'est souvent vu à d'autres niveau de l'Education Nationale.
Chez les Inspecteurs par exemple.

Et pour finir, une pétition du collectif SauvOnS la Recherche


publié dans : Politiquement Correct par Madison
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Mercredi 5 décembre 2007
Il y avait longtemps que je n'avais pas parcouru la blogosphère. En plus d'aller saluer les vieux potes blogueurs qui comme moi ne postent plus autant qu'à la belle époque - oui avant, c'était mieux ! ... Mais non, je rigole !  -, et ceux que je visite sporadiquement depuis peu, je me suis laissée guidée de nouveau blog en nouveau blog en reniflant les nouvelles tendances.
Comme à chacun de mes voyages virtuels, j'ai été étonnée de la diversité, de la créativité, des styles et des trouvailles des blogueurs et de leurs espaces. Cependant il reste des sujets qui restent incontournables et traversent les blogs, toutes générations confondues : l'amour et la politique.

Pour l'amour, c'est presque normal vu l'universalité du sujet. Pour la politique, il semblerait que les dernières présidentielles aient quelque peu exacerbé le phénomène. Le nombre de blogs qui traitent quasi exclusivement de Sarkozy et de son (ses) action(s) politique(s) est impressionnant. Tout le monde y va de son commentaire sur l'actualité ou de sa reflexion personnelle. Et même si parfois, je me lâche aussi ici, je m'interroge sur ce phénomène qui agite la ruche.

J'ai décidé, il y a longtemps déjà, de ne plus écouter ou regarder les infos tv qui ne font que relire, enrober et déformer les dépêches AFP. Depuis les élections, j'essaie de me forcer à ne plus parler ici du président. Mais parfois, c'est plus fort que le roquefort ! En ça, je comprends le plaisir qu'il y a à débusquer tous les faux pas du bonhomme et à se défouler en public de façon humoristique ou sur un ton plus sérieux. Mais voilà, à part ce plaisir là, immédiat et jouissif, est-ce que ça sert à quelque chose ? Car il faut bien se l'avouer, c'est un peu prêcher pour des convaincus.

Avec un peu de recul, on pourrait se demander si cette agitation bloguesque n'est pas la traduction immédiate d'une certaine angoisse qui secoue notre époque en se focalisant sur la personne du Petit Nicolas. C'est vrai qu'il est là et qu'il fait tout pour attirer l'attention, mais est-ce un hasard s'il se trouve à la tête de notre pays, la France, une des nations les plus puissantes du Monde ? Est-ce un hasard si un Bush est à la tête de USA et un Poutine à la tête de la nouvelle Russie ? Ils ont tous les trois été élus par le peuple, plus que jamais éduqué et informé et qui ne peut ignorer l'Histoire et la situation mondiale.
Ceux qui critiquent ici et là pourront toujours se défendre de ne pas avoir voter pour le hussard de l'Elysée. Mais
, en tant qu'acteur plus ou moins passif de notre société, ne sommes nous pas tous responsables de son ascension ?

Je ne prétends pas avoir les réponses à ce questionnement. J'avais 15 ans quand Mitterrand a été élu. J'ai grandi et construit ma vie d'adulte avec la certitude de vivre dans un monde comme je l'avais toujours rêvé. Un monde solidaire, où tout le monde allait trouver sa place dans l'ascenseur social, où le racisme allait être vaincu, où l'économie serait au service de la culture et de l'éducation, où le progrès scientifique offrirait santé et bien-être à tous... Vingt-cinq ans - et des poussières - après, je me rends compte qu'au nom de ces idéaux, nous sommes arrivés à créer l'inverse. Les Restaus du Coeur sont devenus une institution, les idées de Le Pen se sont faufilées pour finalement triompher, la science pure et dure est devenue parole d'évangile en faisant fit de l'affect et de la sensibilité, la culture est en voie de disparition, l'éducation qu'elle soit nationale ou familiale part en vrille et la Terre souffre de plus en plus à cause de nos conneries.

Nous sommes tous responsables de ça. Responsables d'avoir donner à des associations pour dédouaner notre conscience
, responsables d'avoir voulu voyager loin, dans des pays à la beauté "sauvage" où la pauvreté des autochtones nous rassurait quant à notre propre bonheur, responsables d'avoir voulu le meilleur pour nous et pour nos gosses sans se soucier de savoir si c'était au détriment des autres, responsables d'avoir voulu des voitures toujours plus puissantes, des produits technologiques toujours plus perfectionnés sans se soucier de la protection de la planète, responsables de vouloir manger des cerises en hiver, responsables de vouloir mettre des tee-shirt à bas prix ou de vouloir utiliser des robots mixer à prix réduits, responsables d'en vouloir toujours plus et toujours plus vite en pensant que c'est là la recette du bonheur...

Sarkozy représente tout ça. Il nous renvoie à la figure nos erreurs de parcours. Si le traquer, nous moquer, le fustiger peut nous défouler, ça ne suffira pas à changer les choses. - De toute façon, lui il s'en fout qu'on le critique, il est à la tête du Pays et il nous chie sur la tête en ricanant. -


Alors, arrêtons de parler de lui !
... Et trouvons un autre moyen de changer ce monde.



Bon allez, demain je vous parle d'amour, promis.

publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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