Un petit coucou


boîte à mots

Lundi 27 mars 2006
S'il y a une organisation pour laquelle j'aimerai travailler c'est bien celle-là. Il y a des années que j'y pense. Sûrement que quand j'aurais un petit peu plus de temps, je pousserai leur porte et j'apporterai ma contribution...



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1956 – 2006 : le Mouvement Français pour le Planning Familial a 50 ans

50 ans de lutte marqués par de grandes victoires : la légalisation de la contraception et de l’avortement. Si ces droits nous semblent acquis, n’oublions pas qu’aujourd’hui encore des femmes sont victimes de violences, que le Sida les touche de plus en plus et que le droit à l’avortement reste un droit fragile.
Cet anniversaire est donc l’occasion de ne pas oublier que les femmes doivent encore se battre pour faire respecter leurs droits et leur liberté.

 



 





Liberté, Sexualités, Féminisme
Edition La Découverte


             En vente dans toutes les bonnes librairies.
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Dimanche 26 mars 2006
Voilà une idée géniale !!! Et c'est Alexandre-Gabriel qui l'a eu !

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Chaque bloggeur peut mettre sur le Trombinoblog sa photo, un lien vers son propre blog et un petit descriptif rapide de celui-ci. Pour se faire, il faut envoyer :

- votre prénom ou votre pseudo
- le nom de votre blog et sa catégorie.
- son URL.
- un bref descriptif.
- votre ville.
- votre pays.
- et bien entendu, une photo (réelle ou retouchée)

à l'adresse suivante : trombinoblog@yahoo.ca
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Dimanche 26 mars 2006



Le sexe est pour moi une passion, un besoin, un plaisir, une philosophie, une curiosité scientifique et une lecture de l’autre. Une interrogation aussi. Comment ais-je appris à faire l’amour ? D’ailleurs, est-ce que ça s’apprend ?

 

J’ai toujours été étonnée des confidences de mes partenaires sur les femmes qu’ils ont croisées. La réflexion qui revient le plus souvent est sans nul doute : « Toutes ces filles qui font la planche ! » Pour moi, cette phrase est longtemps restée un mystère. Si encore mes compagnons de jeu avaient été des incapables, j’aurais compris. Dans un moment d’intimité, l’attitude de l’un peut entraîner le comportement de l’autre. Mais la plupart de ces messieurs n’ont jamais manqué ni de pratique, ni d’imagination.  J'ai eu longtemps du mal à imaginer que certaines de mes congénères ne sachent pas se mouvoir et susciter le désir et le plaisir chez ces messieurs. Eprouvent-elles un quelconque plaisir elles-mêmes ?

 

Il est vrai que la chose est complexe. Il en va de l’histoire de chacun, de sa sensibilité, des rencontres faites, des blessures et des découvertes. En l’occurrence, j’ai eu de la chance. Après des premières fois maladroites et peu savoureuses, j’ai vécu avec mon ex mari une véritable complicité sexuelle. Nous étions jeunes et beaux et passions beaucoup de notre temps la culotte à la main. Nous avons expérimenté tout ce qui nous paraissait expérimentable, passant d’un fantasme à l’autre avec la facilité de ceux qui pensent pouvoir repousser sans fin les limites. Terribles les convictions qu’on peut avoir à vingt ans. Aujourd’hui elles me font sourire. Le territoire sexuel exploré en ce temps-là était certes vaste et imaginatif mais depuis, il s’est largement étendu. Et sans nul doute, je l’étendrai encore.

 

Après huit ans d’exclusivité, et quatre ans d’abstinence, faire l’amour avec un autre homme m’a paru la chose la plus étrange à vivre. C’était à la fois excitant et bizarre. Les paramètres n’étaient plus les mêmes, et pourtant c’était délicieux. Surprenant aussi quand au petit matin dans un murmure on vous glisse à l’oreille pour la première fois de votre vie : «  Tu es formidable ». Cette phrase qui se voulait reconnaissante et peut-être flatteuse m’a vraiment posé un problème. Il faut dire qu’à l’époque, le cérébral l’emportait largement sur tout le reste. Et ma conception du sexe n’était pas aussi libérale qu’à l’heure actuelle. Coucher avec un homme faisait parti du package de l’amour. Si j’étais formidable, ça ne pouvait en aucun cas s’adresser seulement à cette partie érotique de ma personne.

 

Après Monsieur Formidable, qui a préféré rester dans les bras de sa Madame (formidable ou planche, je n’en ai jamais rien su. J’ai juste cru comprendre qu’elle n’aimait pas jouer de la flûte), j’ai rencontré Monsieur Lasemaineprochainejeteprésenteàmesparents. Nous nous entendions aussi bien verticalement qu’horizontalement. C’était tout à fait dans ma conception des sentiments amoureux. Sauf que… nous faisions le même métier. Le package de l’amour intégrait donc des réunions de travail sur l’oreiller. Et au bout de quinze jours il a voulu rajouter l’option belle-famille. Je suis partie en courant.

 

J’ai ensuite croisé Monsieur Lasurprise-estdanslepantalon. Il était beau, intelligent et avait beaucoup d’humour. Il était surtout immense, la carrure d’un rugbyman. Mais quand il s’est déshabillé pour la première fois, je me souviens m’être exclamé intérieurement : « mais que vais-je faire avec ça ? ». « Ca » mesurait à peine  cinq centimètres au repos et guère plus en action. Il avait beau être doué de ses mains et de sa langue, il me manquait quelque chose. Comme quoi on n'est souvent qu’à quelques centimètres du bonheur. C’est là que j’ai commencé à réaliser qu’on pouvait distinguer le corps et l’esprit en matière de relation amoureuse. Si on pouvait apprécier quelqu’un pour sa personnalité et le trouver nul au lit, alors le contraire était aussi possible. Pour en revenir au monsieur, il n’a pas été facile de rompre élégamment sans invoquer la source du problème. Source dont il n’était pas responsable au demeurant.

 

Après ces trois rencontres, j’ai commencé à voir le sexe autrement. Mais la phrase « Tu es formidable » ne cessait de me tarauder. J’ai commencé à lire beaucoup de récits érotiques, pour la plupart très anciens et exotiques. Je consultais les sites parlant de sexualité, de tantrisme, de tao. Je lisais tous les articles de presse sur le sujet. C’est devenu un de mes sujets de conversation préférés. Je voulais découvrir les mystères des corps et des plaisirs. Faire l’amour était devenu une quête. Le plus dur restait à me persuader qu’on pouvait avoir des aventures purement physiques sans attachement sentimental.

 

publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Samedi 25 mars 2006

Expo Magritte "Tout en papier"
du 8 mars au 19 juin 2006


 

Il y a des peintres qui vous marquent sans que l’on sache pourquoi. Magritte est pour moi l'un de ceux-là. Je n’avais jamais vu ses tableaux en vrai. Comme tout le monde, je connaissais son fameux « Ceci n’est pas une pipe » (que j’ai gentiment détourné il y a quelques temps), ces bonhommes en costume noir et chapeau melon, ces pommes, etc. Je connaissais aussi son style, précis dans les traits comme dans les matières, et ses clairs obscurs presque électriques. Je savais enfin qu’il était belge et qu’il faisait parti du mouvement surréaliste.

 

Mais dans le fond, je ne connaissais rien de Magritte. Passé l’émotion de me retrouver face à ses tableaux longtemps admirés sur papier glacé, j’ai été happée par sa vision du monde. Je me suis arrêtée sur son dessin « Des mots et des images ». Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle  avec les théories de Lacan sur le langage. Ce que l’on voit n’est pas ce que l’on voit, ce que l’on dit, n’est pas ce que l’on dit.

 


Est-ce un hasard si ces deux hommes étaient contemporains ? Ils faisaient tous deux partie d’une époque où la pensée, la culture, la littérature, la peinture et le cinéma apportaient à la France une certaine largeur d’esprit et un rayonnement intellectuel sur le Monde. En regardant le montage « Je ne vois pas la (femme) cachée dans la forêt », où on peut voir Aragon, Breton, Buñuel, Dali... je me suis souvenue d’une photo au Musée Picasso où l’on voit Picasso lui-même entouré d’intellectuels comme Bataille, Lacan, Sartre, De Beauvoir, Eluard et bien d’autres.

 

Qu’est ce temps là devenu, à l’heure de la pensée unique et du formatage intellectuel ? Magritte, à travers ses peintures, à travers son histoire, m’a ramené brutalement à notre monde actuel où l’image est prise pour réalité, où le semblant est roi. A son époque à lui, parce qu’il y avait plusieurs modèles de pensées, les gens pouvaient croire en des idéaux et les défendre. Aujourd’hui, parce qu’il n’ y a plus qu’un seul modèle, tout le monde s’y accroche avec angoisse et n’ose plus en penser ou en rêver un autre.

 

Je ne connais qu’une alternative cette peur et à la morosité ambiante, l’enrichissement intellectuel. Pour construire un monde meilleur il faut s’instruire. Alors, allez-y, sortez, lisez, échangez et engagez des débats d’idées ! Au-delà du plaisir visuel qu’offre une peinture, au-delà de l’aspect fictionnel d’un livre, de Lascaux à nos jours, s’il y a une seule chose au monde qui fait notre humanité, c’est la culture. Alors :

 

Cultivez-vous !


 

L'art de la conversation - 1950

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Samedi 25 mars 2006

Ma femme à la chevelure de feu de bois                                            André BRETON - Union Libre - 1931
Aux pensées d'éclairs de chaleur
À la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre

Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
À la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
À la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux

À la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres

Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur
Aux doigts de foin coupé

Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De
troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin

Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent

Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine

Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical

Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
À la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle

Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne

Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir

Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu

 Pour  écouter  André  Breton  dire  son  poème  :  Union libre

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