Vous Avez Dit...

C'était Le...

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Boîte A Mots

De Fil En Aiguille...

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Samedi 29 octobre 2005
Début de l'histoire


Merde ! Moi qui pensait avoir juste raconté un passage de ma vie intime, je pourrais être accusée de racisme ? Oui, j’ai écrit plusieurs fois les mots Noir, Blanc et Nègre, mais c'était en réponse au livre de Laferrière.

 
Je ne me définis jamais comme Blanche. Facile, me direz-vous, peu de blancs le font. Quoiqu’en y pensant, depuis mon enfance j’entends dire : « Que tu es blanche ! » Plus blanche que blanc, allais-je devenir transparente au point de vouloir être noire ?
 
Je ne définis jamais mes partenaires comme Noirs (encore faut-il qu’ils le soient). Ce sont mes hommes, mes amants, mes amours. Ce sont des informaticiens, des footballeurs, des agents RATP, quand on me le demande. Ils viennent de banlieue, d’Allemagne ou des Antilles, quand les gens veulent en savoir plus. Ils sont célibataires, mariés ou pères de famille, mais ça, mieux vaut ne rien en dire.
 
Je n’utilise jamais le mot Nègre. Il évoque trop de cruautés passées. Mais de ne pas le prononcer n’évite en rien les cruautés présentes. Je le hais dans la bouche des racistes, je l’aime dans la bouche des Noirs. Petite, j’avais appris un poème (de Robert Desnos, il me semble). Je me souviens encore du début :
 
Sur les bords du Mississipi
Un alligator se tapis
Il vit passer un négrillon
Et lui dit : - Bonjour mon garçon…
 
J’adorai ce mot : négrillon. Pour moi ça voulait dire noir comme un grillon. Logique d’enfant.
 
La réflexion de Luis me turlupine. Je passe en revue les livres qui utilisent les mots noir, blanc ou nègre. Je réalise que dans la littérature moderne, il n’y a que les écrivains noirs qui les utilisent ouvertement. Quand un Noir dit : je suis Nègre, c’est correct, quand un Blanc dit : tu es Noir, c’est du racisme. Je me gratte la tête. Parfois, l’être humain me fait chier. Comment arrive t’il a déformer les mots les plus simples au point de les rendre méprisables. Et pourquoi doit-il tout classifier, tout ranger dans des cases ? Le jour où la planète va péter, je ne pense pas qu’il y ait une distinction entre les Noirs, les Blancs, les Jaunes, les Rouges ou les Schtroumpfs.
 
Un homme est un homme, et sa valeur vient de ce qu’il a à l’intérieur, du désir qu’il a d’avancer dans la vie. La couleur de la peau, pour moi, est un argument purement sensuel. Je n’y peux rien, la couleur chocolat, ça me fait fondre. Ce n’est pas plus scandaleux que la couleur des yeux, la forme des seins, la taille, la stature, l’allure, la voix ou la chevelure.
 
 
 
 
publié dans : L'Amour, Les Hommes Et Le Chocolat par Madison
commentaires (7)   
Samedi 29 octobre 2005

Juste avant de partir en week-end, deux vignettes du dernier chat de Geluck. J'adore !!!

publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
commentaires (0)   
Samedi 29 octobre 2005
Début de l'histoire

Le style de Monsieur Laferrière me fait l’effet d’une drogue : j’en veux encore. Je passe à la librairie et j’achète le seul titre de lui en rayon : « Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ? » Mais comment fait-il pour trouver des titres pareils ?
 
Génial, il parle de son roman « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ». Je retrouve l’humour et le charme de son écriture, tout est là, comme une continuité. Je me bidonne en lisant les réactions des gens à propos du titre de ce livre. Je pense à l’intérêt que j'ai eu pour ce titre bien des années avant de lire le roman. Je pense à la nuit précédente : lire un livre écrit par un haïtien qui parle de sexe et de littérature, et entre deux chapitres du livre, faire l’amour avec un haïtien (en se fatiguant, j’ai eu des courbatures toute la journée). Il faut que j’écrive à ce Dany Laferrière ! Je ne me reconnais pas dans ses Miz, trop bourgeoises, trop américaines, trop lointaines. Mais je me reconnais dans sa vision des choses, dans certaines de ses anecdotes, dans sa sensualité malicieuse. Je me reconnais dans nos différences aussi : il est un homme, je suis une femme, il est noir, je suis blanche.
 
Je prends un bloc-note et un crayon. Je me glisse sous la couette. Et là… plus rien. Pourquoi lui écrire ? « Monsieur, votre livre a bouleversé ma vie….» C’est nul ! Son livre n’a pas bouleversé ma vie, il a juste télescopé mon intimité. L’autre jour, Luis m’a dit : « Ecrit un roman sur ta sexualité ». Je lui ai répondu que je ne voulais pas m’ajouter à la liste des écrivaillons qui pensent que parler de leur cul va révolutionner la littérature moderne. Le sexe, ça a quelque chose de sacré, on ne doit pas en parler n’importe quand, n’importe comment. C’est peut-être pour ça que je veux lui écrire à Laferrière, il en parle religieusement, scientifiquement, magnifiquement, amoureusement, malicieusement, délicieusement, (je vais peut-être arrêter là pour les superlatifs). Il en parle comme j’en parle, mais en plus, lui, il sait l’écrire.
 
Je me relève pour mettre un CD : Voodoo de D’Angelo. « I love you, D’Angelo : Would U marry me ? » J’avais écrit ça sur son website, le soir où j’ai vu pour la première fois son clip « Untittled ». Midinette, moi ? Non, il faut voir le clip pour comprendre. Ambiance propice aux souvenirs : je décide de raconter la nuit de samedi, le livre, mon amant. Au bout de deux heures de ratures, je mets un point final à mon récit. Je m’endors comme on meurt.
 
De retour du boulot, je relis mon texte et décide de le rentrer sur mon ordinateur. C’est plus facile pour corriger. Je suis la reine du coupé/collé. Quand j’arrive à quelque chose de satisfaisant, je décide de l’envoyer à Luis par e-mail. Je n’en attends aucun commentaire. Ce texte n’est qu’une satisfaction passagère. Il n’arrivera jamais dans les mains de celui à qui il était destiné.
 
Luis m’en parle comme si j’allais en faire un roman : « C'est bien plus profond et empli de vie que les monstruosités de "La vie sexuelle de Catherine Q" ou "Les Monologues du Vagin Soumis Refoulé" (Bon là il exagère, j’aime bien les monologues moi). Essaie d’aller plus loin, sous forme de chapitres ou de nouvelles. Il y a peut-être un mini souci. Si tu parles des Noirs comme tu le fais, cela risque de t'attirer les foudres de SOS Racisme et CONsorts qui t’accuseront de mettre en avant la différence de couleur.»
 
 
publié dans : L'Amour, Les Hommes Et Le Chocolat par Madison
commentaires (4)    ajouter un commentaire
Samedi 29 octobre 2005
Je me devais de commencer la rubrique littérature par cet auteur : son premier livre a largement inspiré ce blog. Comme je le raconte dans "L'amour, les Hommes et le Chocolat", ça a été pour moi une rencontre. Une rencontre avec une écriture, une rencontre avec moi même…
 

 
 
 
 
Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer
 
Deux jeunes noirs oisifs partagent un appartement dans un quartier pauvre de Montréal. L'un d'entre eux, le narrateur, projette d'écrire un roman et pour s'occuper, connait diverses aventures féminines en dissertant sur la trilogie Blanc-Blanche-Nègre. Car c'est juste retour des choses, après avoir souffert de l'esclavage, que de séduire toutes ces jeunes donzelles innocentes et curieuses. Quand à son compère, Bouba, il dort, dort, dort. Et philosophe en lisant et relisant le Coran, sur des airs de jazz.
 
 
 
Cette grenade dans la main du jeune nègre
est elle une arme ou un fruit ?
 
Un ring : le territoire des Etats Unis. Deux boxeurs face à face, l'écrivain Dany Laferrière, d'un côté, la société américaine de l'autre. Boxe ! L'écrivain donne des coups : au racisme, aux clichés, à la pacotille hollywoodienne. Et il encaisse, célébrant le dynamisme du pays, sa foi innépuisable en sa propre puissance, son génie créatif.
 
 
Du même auteur : Le cri des oiseaux fous, Le pays sans chapeau, L'odeur du café, La chair du maître, Le goût des jeunes filles, J'écris comme je vis, Je suis fatigué,...
 
 
publié dans : Lu, Vu, Entendu par Madison
commentaires (1)    ajouter un commentaire
Samedi 29 octobre 2005

 

 

 


J’ai enfin acheté : Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer. Vaste programme, depuis le temps que ce titre m’interpellait.
 
Samedi soir, aucune sortie en vue, aucun rencard. Je me couche et je commence à lire. Mon mobile bipe. Texto  : « Qu’est-ce que tu fais ce soir ? » Réponse : « Rien de particulier. Et toi ? » Texto retour : « Je serais chez toi dans 2 heures ».
 
Il était dit que je passerais une soirée haïtienne. En attendant la réalité des caresses, je me plonge dans la sensualité des mots. Comment ne pas succomber : ça parle de sexe, de jazz, de littérature et de Freud. Je dévore.
 
Il sonne à la porte. J’ouvre : il m’embrasse, passe lentement sa main sur ma fesse. « Je vais prendre une douche. » Va garçon, moi, je retourne sous la couette et je me replonge dans mon bouquin.
 
L’eau ne coule plus. Cachée derrière le livre,  je le regarde s’essuyer : instant voyeur. J’aime le corps de cette homme, sa musculature, son allure. Il s’allonge sur moi, me prend le livre des mains, lit le titre et se marre. « C’est un de tes compatriotes qui l’a écrit ». Il hoche la tête, amusé. Le livre glisse en bas du lit. L’heure n’est plus à la lecture.
 
Huit heures du mat, j’entends sa respiration. Je souris. Il fait jour : c’est la première fois qu’il reste au delà du lever du soleil. Je n’ose pas bouger, on ne sait jamais, il pourrait s’envoler. Du bout des doigts, je cherche le livre en bas du lit. Il en profite pour se coller à moi. Je love mes fesses contre son sexe endormi. Je sens son souffle régulier dans mon cou. Il dort profondément. J’aperçois sa main sur mon sein. La vision de ma peau blanche contre la peau noire de mes amants m’a toujours procuré un plaisir unique. C’est une vision qui vient toujours après l’amour, quand les corps s’enlacent dans un repos complice. (Merde à tous les mecs qui se précipitent dans la douche à ce moment-là !). Un frisson de bien-être parcourt mon corps. Il me serre plus fort, pose un baiser sur mon épaule. Il continue sa nuit, je reprends ma lecture.
 
Mais pourquoi ai-je mis si longtemps à me procurer ce bouquin ? En me posant la question, je me dis qu’il n’y avait qu’à cet instant précis que je devais le lire, dans les bras de cet amant-là, ce jour-là. A cet instant unique de ma vie de femme, de ma vie de Blanche qui a fini par avoir plus d’amants noirs qu’elle n’a eu d’amants blancs. C’est un peu par hasard, beaucoup par sensualité, certainement parce que petite, je voulais tellement être noire que j’avais fini par y croire.
 
J’ai terminé le livre. Il desserre son étreinte et roule sur le dos. Je me tourne vers lui. Il me sourit : « Alors, tu as la réponse ? » Je rigole. J’enjambe son corps et m’assieds sur lui. Son sexe dressé est une invitation non pas à la fatigue mais à l’épuisement.
 

Chapitre suivant

publié dans : L'Amour, Les Hommes Et Le Chocolat par Madison
commentaires (7)    ajouter un commentaire

Humeurs



Aretha Franklin - A Natural Woman


Vous Êtes...

... 7 selon les syndicats,
beaucoup moins selon la Police...





  Laissez-moi un message
après le bip !




Lu Ailleurs...

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus