Un petit coucou


boîte à mots

Mardi 28 février 2006

L’autre nuit, je regardais un reportage sur France Ô qui comparait la ferveur des carnavals antillais au côté cérémonieux de celui de Venise.

Ces images m’ont rappelée les carnavals de mon enfance, loin des paillettes et de l’exubérance mais oh, combien amusants. Dans nos petites vies d’écoliers, cette fête était bien plus attendue que Noël. On pouvait devenir une fée, un cow-boy, une princesse, un magicien, Robin des Bois, Cendrillon, Superman, …

Je me souviens des défilés dans mon village qui laissaient des sourires édentés sur les visages des vieux et un rose de fierté sur les joues des mamans. Je me souviens des beignets préparés par la mienne pour le retour de l’école. Tous les gamins du quartier venaient en manger avant qu’on ne reparte pour des cavalcades folles et les mariages improbables d’un fantôme et d’une Bécassine ou d’une infirmière et d’un indien.

Pourquoi a-t-on laissé tomber en partie cette belle tradition pour reprendre par ailleurs une fête allogène et commerciale comme Halloween ?

 

Aujourd’hui, c’est Mardi Gras, et il y a bien longtemps que je ne me suis pas déguisée. Je me suis demandé sur quoi porterait mon choix. Sans hésitation, j'enfilerai le costume mythique des bunnygirls !


 


Et si je vous invitais au bal masqué, quel serait votre déguisement ?

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Mardi 28 février 2006


Dans ma CD-thèque se côtoient musique traditionnelle mexicaine et andalouse, tango, musique cubaine, bossa nova, musique classique, blues, jazz, pop, rock, variété française, reggea, soul, hip hop et rap. Pas de techno, c’est une musique que je ne comprends pas. Pas de hard-rock, c’est une musique qui ne me parle plus. 


J’ai une tendresse particulière pour le jazz vocal et la salsa et tendance à écouter du blues quand le moral baisse. Est-ce un hasard chez moi qui aime les métissages, mais je suis particulièrement attirée par les mélanges musicaux : jazz manouche, acid jazz, rap cubain ou brésilien, … enrichissement mutuel de deux cultures.


The Rapsody Ouverture symbolise mes goûts musicaux. Fusion réussie entre hip hop et opéra, je l’écoute depuis des années sans jamais m’en lasser.

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Lundi 27 février 2006

Toulouse - 1990
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Lundi 27 février 2006

Pourquoi es-tu seule ?

 

Combien de fois m’a-t-on posée cette question… Il y a une dizaine d’années j’aurais répondu : parce que la vie, parce que l’amour, parce que les hommes,…

 

Mais aujourd’hui, je sais que la solitude n’est qu’un choix personnel. Inconscient bien souvent, mais un choix.

 

Je vis seule. Je suis célibataire. Je suis solitaire. Mais je ne me sens pas seule. La solitude est un concept imposé d’un côté par la norme sociale et de l’autre par l’idée que l’on s’en fait.

 

Socialement justement, j’assume tous mes besoins, quotidiens ou économiques. S’il m’arrivait un coup dur, je peux compter sur ma famille, sur mes amis. Les plus proches habitent de l’autre côté de la rue, les plus éloignés sont à plus de 900 kilomètres. La distance n’altère en rien l’affection mutuelle. C’est pourquoi je me sens entourée et aimée.

 

Mes amants. Ils sont là. Ils savent s’effacer quand il le faut. Ils se font présents si je les rappelle. Même si ce n’est pas de l’amour, leur fidélité m’enveloppe.

 

L’amour. Il n’est pas présent dans ma vie actuellement. Mais ce n’est pas pour ça que je me sens seule. Si je peux aimer c’est parce que je peux aussi vivre sans l’autre. Le sentiment fusionnel ne fait plus parti de mon paysage amoureux même s’il prend parfois la forme d’un fantasme furtif.

 

J’ai longtemps lutté pour maintenir à flot des relations amoureuses vouées à l’échec. Je peux encore me battre mais je préfère rester seule qu’être à deux pour de mauvaises raisons. Les enfants, l’argent, le chantage affectif ne sont pas des prétextes suffisants pour rester liée à l’autre. La peur de la solitude encore moins. Et en amour comme sur bien des plans, je ne supporte pas la médiocrité. Rester avec quelqu’un pour de fausses excuses me ferait me sentir bien médiocre.

 

Quand l’amour refera surface un jour, je ne peux l’envisager que sous la forme : chacun chez soi. J’ai pourtant apprécié la vie commune avec mon mari. Huit années de réelle complicité. Mais c’était un autre temps et j’étais une autre femme. « Etre » en couple ne signifie pas « vivre » en couple. Je veux pouvoir retrouver celui que j’aime lorsque j’en ai envie et non parce que je suis obligée de rentrer le soir au domicile conjugal. Le plaisir et le désir d’être ensemble sans les emmerdes du quotidien. Le bonheur…

 

Alors la solitude, jamais, vraiment ? Si, bien sur, mais de moins en moins. Et encore, je ne suis pas sûre que ce soit de la solitude dont il s’agit… plutôt le manque, la nostalgie des moments de plaisir vécus avec celui qui n’est plus là.

 

Comment répondre à : « Pourquoi es-tu seule ? » quand on ne se sent pas seule ?

 

N’est-ce pas le genre de question qui en dit plus long sur le pourquoi elle a été posée que sur son sens effectif ?

 

Je la classe dans la catégorie des « quand est-ce que tu te maries ? » qu’on pose aux trentenaires, des « vous allez bientôt faire un enfant ? » pour les couples mariés ou des « quand allez-vous emménager ensemble ? » adressés aux nouveaux couples.

 

Les mœurs ont évolué mais si on est un tant soi peu hors norme, on dérange, on met en péril l'ordre établi, on questionne l’entourage : « Comment peux-tu être heureux si tu ne vis pas comme moi ? » Souvent sous entendu : « si moi qui suis dans la norme, je n’y arrive pas… »

 

Alors quand on me demande pourquoi je suis seule, j’ai l’habitude de répondre :

 

Pourquoi poses-tu cette question ?

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Dimanche 26 février 2006

Les Bad Boys me font craquer. Mais ce n’était pas une raison suffisante pour que j’aille voir ce film. J’avais peur d’une resucée de « 8 Mile » que j’avais pourtant apprécié.

 

Celle qui m’a décidée à me pointer mercredi matin à la première séance de « Réussir ou Mourir », c’est Paula Jacques. Cette dame d’un certain âge (en fait… je ne connais pas son âge, je l’imagine juste en fonction de sa voix) promeut la culture depuis des années sur France Inter. Dans sa « Cosmopolitaine » de dimanche dernier, on sentait qu’elle était sous le charme de Curtis 50 Cent Jackson et du film dont il est à la fois l’acteur et le personnage principal. Ca m’a intrigué. Ca m’a persuadé.

 

Le scénario est inspiré de la vie mouvementée du chanteur. On aurait pu en tirer un film d’une violence extrême. Mais le réalisateur irlandais Jim Sheridan a préféré en donner une vision plus psychologique. Le cadre, le milieu dans lequel évoluent les personnages, les causes sociales ou culturelles importent peu. Il ne nous narre pas l’histoire d’un jeune rappeur black issu du ghetto mais celle d’un homme qui décide de tourner le dos au passé pour devenir quelqu’un. L’amour et l’écriture seront les catalyseurs de cette décision. Aucune trace de rêve américain ou de contestation sociale. Juste l’histoire d’un destin.

50 Cent est surprenant de sincérité. J’ai toujours été intriguée par la douceur de son visage et de sa voix traînante qui contrastent avec sa carrure et la teneur de ses textes. Ce film qui parle de lui l’a rendu à mes yeux définitivement attachant.

 

Le casting du film est impressionnant. Mais l’acteur qui m’a le plus marqué est sans nul doute Adewale Akinnuoye-Agbaje. Il imprègne l’écran de sa prestance. Son interprétation entre cruauté et déchéance m’a laissée sans voix.

 


Ce qui m’a touché dans « Réussir ou Mourir » c’est le caractère universel de l’histoire. Peu importe qui on est ou d’où on vient, on a tous les moyens de changer son destin.

Ce film m’a plu aussi parce qu’il m’a fait penser aux vieux films de gangsters. Il a un petit quelque chose du Parrain ou des Incorruptibles. Le trafic d’alcool est remplacé par celui de la drogue, les Ritals par les Latinos, mais les fusillades, les guerres de clan, le « respect » et la loi de la rue y sont bien présents. Cette tonalité cinématographique choisit par Sheridan permettra à tout le monde, même aux plus hermétiques au rap et à sa culture, d’apprécier ce film.



Réussir ou Mourir (site du film en français)

Get Rich Or Die Tryin’ (site US)

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