Un petit coucou


boîte à mots

Mercredi 1 mars 2006
Je n'aime que le ballon ovale !
Mais bon, faut pas non plus cracher dans la soupe ;-)



Monsieur Mars des Dieux du Stade 2006 : Djibril Cissé
publié dans : Pensées, Rêveries Et Autres Elucubrations par Madison
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Mercredi 1 mars 2006

Pour ceux qui découvrent ce blog, ce texte appartient à un récit inachevé, "L'amour, les hommes et le chocolat" écrit au printemps 2004. Pour lire le début, cliquez sur l'image de droite et laissez-vous guider de lien en lien...

 


Vendredi soir. J'ai le cafard. Je tire la télé dans la chambre et je passe une à une les cent chaînes du câble. Oh, Dumbo, l'éléphant ! C'est un des premiers dessins animés que j'ai vu au cinéma. Je m'encocoonne sous la couette et je replonge en enfance. A dix minutes de la fin, le téléphone sonne. Je ne réponds pas, persuadée qu'il s'agit de R. Une sonnerie m'avertit qu'on m'a laissé un message.

Quand le film se termine, j'interroge la messagerie. Mince, c'était D. ! D'habitude il envoie un texto... Je le rappelle. Il n'était pas très loin de chez moi mais là, il est rentré chez lui. « Je te promets, je viens te voir demain », me dit il.

Il m'envoie un texto vers midi pour une sieste coquine. Mais Nadia est venue me rendre visite. Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu.  D. ou pas, mes amis passent avant mes amants. J'ai quand même un petit remord à lui dire non. « Dommage », m'écrit il. Soupir.

Samedi soir. C'est foutu, il ne viendra pas. La télé est restée dans la chambre. J'ai envie de m'abrutir. Je zappe. Rien ne m'intéresse mais je continue. Je finis par m'endormir la télécommande à la main. Sonnerie de portable. "Tu veux bien de moi pour la nuit, Fille ?". Je l'adore.

Il s'est fait une entorse à la cheville. Je suis ravie, je vais pouvoir jouer les infirmières. Il s'abandonne à mes bons soins. Pas longtemps, un guerrier reste un guerrier. Il me renverse. Cri de douleur. « Je me demande comment font les cul de jatte », dit il. Je m'esclaffe. Nous rigolons comme deux gamins à chacune de ses tentatives pour trouver une position où il ne souffre pas trop. Son handicap n'altère en rien ses capacités. Savoir qu'on va passer la nuit ensemble décuple mon plaisir.

Vers dix heures du matin, le téléphone sonne. Je me précipite. C'est ma mère. Je m'enferme dans la cuisine pour éviter l'incident diplomatique. S'il se met à tousser, je suis bonne pour un interrogatoire en règle. J'en profite pour mettre de l'eau à chauffer. « Maman, mon thé est prêt. Je raccroche. Bisous ». Je reviens dans la chambre, il me sourit. Il veut bien un café. Non, pas de tartines. Un fruit, pourquoi pas. Je suis sur un petit nuage.

Il allume la télé. C'est un garçon, on regarde les résultats du foot. Je commente la beauté des joueurs, il m'explique la technique. Je m'en fous moi, je n'aime que le rugby. Je le taquine. Je le titille. Au bout d'un moment, il fouille sous l'oreiller, en sort un préservatif. Et c'est dans l'ambiance surchauffée du stade qu'il marque un but magnifique.

Sa cheville le lance. Je vais lui chercher de la pommade. Il me dit qu'il va d'abord aller se doucher. Coup de sifflet final. Je le retiens au lit. Il se laisse faire en riant. Je le mords. "Doucement, j'ai l'inspection en rentrant". Electrochoc. Je l'avais oublié… Elle. Pourtant, je sais qu'elle existe. Alors pourquoi ce trouble... D'un air détaché, je lui demande : "Mais comment tu justifies ton absence de cette nuit ?" Il m'explique qu'elle est allée chez sa mère. Il m'embrasse et se redresse pour aller prendre sa douche.

Attends, je peux te poser une question indiscrète ?
Vas-y.

Je sais que je vais passer une limite mais c'est trop tard.

Pourquoi tu la trompes ?
Je ne la trompe pas, me dit il en riant.
Et les prisons sont remplies d'innocents, c'est bien connu ! Ca fait presque un an qu'on couche ensemble, toi et moi.

Il se rallonge sur le côté.

A vrai dire, je ne sais pas pourquoi. Au départ, c'est parce qu'elle était en voyage.
Mais tu l'aimes ?
Je ne sais pas trop. On se dispute beaucoup.

Et il se met à me raconter des tranches de vie que je ne devrais pas connaître. Je me sens triste.

Tu sais, tout ça ne me regarde pas. Je peux juste dire égoïstement : tant mieux pour moi si elle est chez sa mère.

Je lui fais un clin d’œil et lui donne une tape sur la fesse.

A la douche, Garçon !

Je fais la maligne mais je me suis sentie mal quand il a parlé d'elle. Pourquoi ? Je n'aurais pas du lui poser de questions sur sa vie de couple. Ce n'est pas prévu dans le contrat.

Je suis tellement absorbée par mes réflexions que je n'ai pas remarqué qu'il était sorti de la douche. Il s'assied sur le bord du lit, se passe de la pommade sur sa cheville.

 En fait, je crois que je n'ai pas envie de vivre seul.
On peut se sentir seul en vivant avec quelqu'un. Ou le contraire. Depuis que je te connais, je ne me sens plus seule.

Il me regarde interloqué.

On s'entend bien. On fait l'amour de façon délicieuse. Après chacune de tes visites je me sens sereine. Ca suffit à me rendre heureuse.
C'est vrai qu'on s'entend bien. J'aime bien nos discussions.

Il me sourit. Je lui rends son sourire mais mon cœur a implosé. Quelque chose s'est brisée.



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publié dans : L'Amour, Les Hommes Et Le Chocolat par Madison
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