Un petit coucou


boîte à mots

Samedi 31 mars 2007

J’ai d’abord vu Babel. Puis Amores Perros (Amours Chiennes). Et là, je viens de voir 21 Grammes. Même si ce n'était pas dans l'ordre des sorties, j'ai trouvé dans ces trois films d’Alejandro Gonzalez Iñàrritu une sorte de continuité.

D’un point de vue cinématographique, je n’avais pas été aussi impactée par un réalisateur depuis le 2046 de Wong Kar-Wai. Alejandro Gonzalez Iñàrritu nous offre lui aussi un autre regard, une autre façon d’envisager le cinéma. Même si on sent dans le coup de patte technique une influence made in USA, ses films n’ont rien du léché hollywoodien. Les personnages sont cruellement authentiques, les scènes empruntent souvent à la nature humaine toute sa violence sans jamais laisser place à l’impudeur ou aux images gratuites. L’amour, toujours en filigrane, permet de soutenir la noirceur réaliste des histoires. Mais ces films là ne peuvent se voir si on se sent fragile ou mélancolique car à chaque fois, c’est une grande claque qu’on se prend en pleine face.

Alejandro Gonzalez Iñàrritu construit ses récits comme des puzzles. Pas de linéarité dans la chronologie, on passe du présent au passé d’une scène à l’autre sans pourtant jamais être désorienté. Tout se dévoile peu à peu jusqu’à ce que la dernière pièce posée sur la table vienne achever le tableau. Les destins se croisent, se tissent, se nouent. Les personnages, sans forcément se rencontrer, se retrouvent liés les uns aux autres à jamais.

 

 


Babel porte bien son nom. Cinq langues, la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis comme symbole de démarcation, le désert marocain d’un côté et les lumières de Tokyo de l’autre. Misère et opulence, vie simple ou ultramoderne, quelque soit le décor, le réalisateur nous montre la détresse dans ce qu’elle a d’universel. C’est aussi l’incompréhension entre les cultures qui peut parfois laisser place à la fraternité. Babel, c’est surtout le côté sombre de la mondialisation… Doit-on craindre l'effondrement comme dans le mythe ou garder quand même une petite lueur d’espoir ?

21 Grammes lui s’élabore autour d’une théorie : au moment où l’on meurt, on perd tous 21 grammes. 21 grammes de quoi ? 21 grammes comment ? 21 grammes c’est le poids d’une pièce de 5 cents, d’une barre chocolatée… ou peut-être de nos culpabilités passées. Quel est le poids, le prix d’une vie ? Telle est la question posée par Alejandro Gonzalez Iñàrritu tout au long de ce film bouleversant.

Dans Amores Perros, il nous parle de l’universel de l’amour. Il nous l’expose sous toutes ses facettes, de la plus belle à la plus barbare, d’espoir en désillusions. Les chiens sont là pour illustrer toute la gamme de sentiments. Ce film est aussi un magnifique portrait de la société mexicaine dans ce qu’elle a de varié et de sauvage malgré sa modernité. C’est, des trois longs métrages celui qui m’a le plus marqué. Peut-être parce qu’il est le plus intimiste. Sûrement parce qu’il se passe à Mexico. Sans aucun doute parce qu’il a quelque chose de plus authentique que les deux autres : Alejandro Gonzalez Iñàrritu aurait-il pu aussi bien parler d’amour dans une autre langue que la sienne ?

 




Bande Annonce Amores Perros


Sous l’œil du réalisateur mexicain, tous les acteurs, connus ou inconnus, sont magnifiques. Ils incarnent chacun des personnages avec une force réaliste qui est amplifiée par des mouvements de caméra parfois proches du reportage télévisuel. Dans Babel, Brad Pitt est surprenant, touchant, d’un naturel qui ne transparaît jamais dans les superproductions auxquelles il participe d’habitude. Il n’est pas étonnant de retrouver Sean Penn dans 21 Grammes. Ce style de cinéma hors des sentiers battus lui va comme un gant. Et j'ai été à peine surprise de trouver à ses cotés notre petite Charlotte Gainsbourg nationale en femme fragile et hautaine à la fois. Gael Garcia Bernal (Carnets de Voyages, la Mauvaise Réputation, la Science des Rêves,…) acteur mexicain présent dans Amores perros et dans Babel montre encore une fois l’étendu de son talent. Pour ma part, j’ai été particulièrement touchée par les deux autres acteurs mexicains Adriana Barraza qui après un petit rôle dans Amores Perros explose dans Babel et Emilio Echevarria en vieux clochard anarchiste dans le premier des trois films.

Et puis il y a ce gamin dans Babel dont je n'ai pas noté le nom, ce petit marocain extraordinaire qui crève l’écran. Il ne serait pas étonnant qu’on le retrouve ailleurs dans les années qui viennent.

 


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Vendredi 30 mars 2007
... c'est l'époque qui veut ça.


Samedi je serais ici :

Départ 13ème arrdt : 15h devant la mairie
Départ 10e arrdt : mairie du 10e, 15 h 30
Départ 1er/2ème/3ème/4ème : mairie du 3ème, 14 h 00
Départ 11e arrdt : lycée Dorian, 74 av Philippe Auguste, 13 h 30
Départ 18ème arrdt : métro Max Dormoy, 15 h 00
Départ 19e arrdt : place des Fêtes, 14 h 00
Départ 20ème arrdt : place Gambetta,14 h 00

http://www.educationsansfrontieres.org/


Et dimanche je serai là :

Zenith de Paris à 14 h 00 : Conférence de Nicolas Hulot
et d'autres personnalités comme Hubert Reeves et Edgar Morin

Trocadero à 17 h 00 : Rassemblement pour le pacte écologique.

http://www.pacte-ecologique-2007.org/


Vous venez aussi ?

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Jeudi 29 mars 2007
Ce matin, 8H15, dans le bus :

- Maman, c'est un acteur Chirac ?
- Mais non ma chérie.
Moment de silence...
- Mais si c'est un acteur, il passe à la télé !
J'éclate de rire. La mère rougit :
- Il ne serrait pas content d'entendre ça.
Et moi de rajouter :
- Voyons Madame, la vérité sort toujours de la bouche des enfants !















Je vous promets, ça fait du bien de bon matin, quand on est dans un bus rempli de bourgeois.

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Jeudi 29 mars 2007


Hier j’entends à la radio l’information suivante :

« On pensait impossible que deux spermatozoïdes puissent féconder simultanément le même ovule. Or on a découvert chez de vrais jumeaux une différence dans leur matériel génétique… »

Sans écouter la suite, je me mets à rire - seule devant mon poste de radio, heureusement que personne ne me voit -. Evidemment, avec mon esprit mal tourné, j’ai pensé : « Encore un ravage de l’amour à plusieurs ! » Pour moi, bagages génétiques différents avec une même mère signifiait deux pères - oui je sais je suis nulle en biologie -.

C’est en cherchant plus d’infos, que j’ai réalisé qu’il n’a jamais été question de deux géniteurs différents mais juste de deux spermatozoïdes du même père.

Pfffffff, même pas drôle !

http://www.lemonde.fr/


Cela dit, si vous participez à une partouze, sachez que ça peut arriver !

Sauf si vous sortez couverts bien sûr.

 


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Mercredi 28 mars 2007
J'avais déjà parlé de "Matin brun" de Franck Pavloff en novembre 2005. Aujourd'hui, à quelques jours des élections, il me semble important de le remettre à l'ordre du jour. Voici la version raconté par Jacques Bonnaffé et Denis Podalydès. (Jaquette du CD dessinée par Enki Bilal)

(9 minutes d'écoute environ)

"... J’aurais dû me méfier ...on aurait dû dire non. Résister d’avantage, mais comment ? Ca va vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?
 
On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j’arrive. »


Matin Brun
Editions Cheyne
A exiger de son libraire que ce soit en version papier (
1€)
ou version CD (10€)

ou

Faites tourner...   Franck Pavloff - Matin brun.mp3
oui je sais c'est illégal, mais parfois, il faut savoir braver les interdits...
Franck Pavloff me pardonnera.


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