
Pique et pique et colégram,
Bourre et bourre et ratatam
Amstramgram
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Trois fois par semaine, je prends un vieil ascenseur, cage en bois, grille en fer, seulement pour monter mais jamais pour descendre. Et trois fois par semaine, je ressens un frisson d’angoisse lors de ce micro voyage. Petit, le frisson, mais frisson tout de même.
Au dessus des boutons des étages, il y a une petite affichette qui indique quand cet appareil a été réparé pour la dernière fois. Au mois de janvier, il y a eu en moyenne une réparation tous les trois jours. A chaque fois que je voyais une nouvelle date inscrite, je me disais : « Cette fois je l’ai échappé belle, mais avec la chance que j’ai, le prochain coup, c’est pour ma pomme. »
Je pourrais monter à pied, quatre étages, ce n’est pas la mort. Sauf que quand on a trimé toute la journée, quatre étages à pied, c’est l’ascension face nord de l’Aconcagua (pensée émue pour ceux qui habitent un septième étage sans ascenseur). Oui, je pourrais monter à pied, mais j’ai l’esprit joueur, et cette forme de roulette russe m’amuse assez. Restera ou ne restera pas coincée ?
Entre le 2 et le 16 février, il n’y a eu aucune intervention. Je consultais l’étiquette à chacune de mes montées et le 16 février justement, vers 17 heures, je me suis dit : « Peut-être que cet appareil est comme moi. Il a eu sa période de malchance et là ça va mieux » (à noter que c’était plus un encouragement qu’un constat, vu que tous mes petits problèmes ne sont pas résolus et qu’il m’en arrive d’autres tous les jours comme cette p#7@!& de perforatrice qui ce week-end m’a gâché une dizaine de feuilles avant que je ne la jette à la poubelle ! Mais bon, là, je m’égare…)
Le lendemain (le 17 février pour ceux qui n’auraient pas suivi), au moment d’appuyer sur le bouton du quatrième étage, j’ai découvert avec effroi que l’étiquette avait changé. Que le 16 février…

Je me suis sentie bizarre tout à coup. L’impression soudaine d’avoir échappé à quelque chose. Vous me direz, y a pas de quoi ce mettre la rate au court-bouillon (j’aime bien cette expression), être coincée dans un ascenseur, ce n’est pas très grave. Et puis il parait qu’on peut faire des rencontres torrides. Enfin, dans les ascenseurs d’Hollywood surtout.
En attendant, c’est décidé : fatiguée ou pas, dorénavant, je monterai à pied !
Post Data : ce blog me fait faire n’importe quoi : aller voler l’étiquette pour la scanner ! Maintenant, il faut que j’arrive à la remettre…
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