Kundera dit que dans un couple, ce qui se passe la première nuit, se répète tout au long de la relation. Cette image s’applique à M. Et à son esprit
communiste.
Un mois après notre rencontre, M. me dit que K. n’ose pas m’appeler mais qu’il aimerait se rattraper. Non, merci. La panne n’y est pour rien.
Physiquement, il ne me plait pas. La première fois aurait été la seule de toute façon. « Je vois, me dit-il, tu fais ton marché ». Ben oui, je choisis. Je ne suis ni une désespérée, ni
la Sœur Térésa du cul. M. rigole de mon expression. De temps en temps, il remet ça sur le tapis : « T’es sure ? » Oui je suis sure. Et en plus, je suis une tête de mule, plus
on insiste plus je recule.
Un soir où il est passé me voir, il appelle un de ses cousins pour qu'il passe le chercher. Il me demande s'il peut le faire monter le temps qu'il se
rhabille. Je reste au lit pendant qu'il va lui ouvrir. Jn. est immense, visage d'ange sur un corps athlétique. M. se ballade à poil dans la chambre. Jn. ne sait pas où se poser. Sa timidité me
plait. Je tapote le coin du lit pour lui indiquer qu'il peut s'asseoir. On commence à discuter. M. va prendre sa douche. Je me rapproche du cousin. Envie irrésistible de l’embrasser. Quelle
douceur ! La couette glisse. Sa main caresse mes seins. Il s'allonge à côté de moi, tout habillé. On s'embrasse, encore et encore, comme deux enfants qui découvrent un plaisir inconnu. Sa main
explore mon corps, glisse entre mes cuisses avec une délicatesse rare chez un garçon. Je ferme les yeux. Lente montée du plaisir qui vient mourir dans un soupir.
M. nous sort de notre bulle. « Ca va tout les deux ? » Jn. se relève tranquillement, ne me quitte pas du regard. M. commence à s'habiller
tout en nous parlant, comme si de rien n'était.
Jn. vient souvent chercher M. On s'aime bien. Mais on n'a jamais cherché à aller plus loin.
Un dimanche matin, M. m'appelle. Il sera chez moi vers quinze heures. Quand j'ouvre la porte, surprise ! Il a « oublié » de me dire
qu'il ne serait pas seul. Il me présente P. Je leur propose à boire. Je prétends avoir encore deux ou trois choses à faire. Je vais dans la salle de bain. Je plie mon linge propre pour essayer de
me calmer. Au bout d'un moment, M. vient me voir. Je lui saute sur le poil.
Comment peux-tu me faire ça ?
Allez, ce n'est pas la première fois que tu couches avec deux mecs.
Peut être, mais je n'aime pas qu'on m'impose les choses. T’aurais pu me demander mon avis.
Ce n'est pas grave.
Non, ce n'est pas grave. Quand vous aurez bu vos verres, vous partirez et tu reviendras un autre jour.
S'il te plait, j'ai trop envie de toi. Ca fait longtemps. Tu sais que je bosses comme un fou, je ne sais pas quand je vais pouvoir
revenir.
Je m'en fous.
Il me prend dans ses bras. Je me raidis, insensible à ses baisers, décidée à ne pas céder.
Caresses de chien donne des puces.
Tsss. Je ne me sentais pas très en forme. Je ne voulais pas te décevoir, alors j'ai amené P. en renfort. Tu connais mon côté
communiste.
J'étouffe un rire. Il est trop. Je l'embrasse.
J’aurais préféré être seule avec toi.
On rejoint P. On discute un peu, histoire de faire connaissance. Les mains se font caressantes. La délicatesse de P. me rassure.
M. n'est vraiment pas en forme. Pas de problème côté sexe. Sa queue fonctionne quoiqu'il arrive. Il se retire pour aller faire un tête à tête avec la
cuvette des toilettes. Je continue avec P. Son style me plait. On parle le même langage. Je sens qu'on peut aller loin. Mais la situation ne le permet pas. M. revient. Ignorant ce qu’il se passe
dans le lit, il s’allonge, m'enlace et pose sa tête sur mon sein, comme le grand gamin qu’il est. P. lui dit : « Ce n’est pas parce que tu n’as plus faim, que tu dois priver les
autres ». Déconcentration garantie. Essayez de faire l’amour avec le fou rire ! Le garçon est forcément délogé du nid douillet où il tente désespérément de se maintenir. M. et P.
commencent à s’envoyer de fausses insultes. Je suis aux anges.
@+
Merci...
Bises