Un petit coucou


boîte à mots

Mercredi 21 décembre 2005
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





A Orly, j’allume mon portable. Il se met à tinter comme une machine à sous. « Quand est-ce que tu rentres », « Tu me manques » « Appelle-moi quand t’arrives », « Très envie de toi ». Ce n’est pas possible, la canicule les a fait surchauffer !

"Mes" hommes, à qui j’ai apparemment manqué, viennent tous vérifier mon bronzage. Je ne serais jamais aussi noire qu’eux. Je garde l’avantage sur T. Pas pour longtemps. Il part quinze jours en Tunisie avec sa petite famille.
 
Deux ans. Deux ans que je mène cette vie. Je ne sais pas trop quoi en penser. M’en indigner ? En être fière ? Jusqu’à quand cela va durer ? U. m’a donné l’envie d’une relation durable. Mais depuis le temps que je vis en célibataire, j’ai du mal à imaginer ce que ça pourrait donner. Suis-je vraiment une femme libre ou n’est-ce qu’une excuse pour ne pas m’engager ? Ces idées tournent dans ma tête. Coup de blues à la chute des feuilles. Mon anniversaire en octobre. Mon horloge biologique s’affole. Je veux un bébé.
 
Actes manqués ou accidents, les préservatifs éclatent à tour de bras. Je me précipite chez ma gynéco : « Donnez moi la pilule ! Je ne veux pas avoir à choisir entre le raisonnable et l’irraisonnable » J’ai toujours dit que je n’aurais pas d’enfant seule. Un mari est superflu, un père est indispensable. Je rêve de trouver un homme qui aurait le même désir d’enfant, les mêmes idées sur l’éducation, qui serait prêt à assumer une paternité, qui s’entendrait bien avec moi mais avec qui je ne vivrais pas. Utopique ?
 
Heureusement, il me reste encore un peu de temps pour réfléchir à tout ça. En attendant, je me laisse dorloter par mes amants. Je ne leur confie jamais ce genre de pensées. Pourtant il est arrivé à plusieurs reprises qu’ils me posent la question. « Tu n’as pas envie d’avoir un enfant ? » Je sais que ce n’est pas une proposition, juste de la curiosité. Alors selon l’humeur, ou l’amant, je réponds : « Pourquoi, tu veux m’en faire un ? » ou « Tu ne crois pas qu’il y a assez de malheureux sur Terre ? » ou encore « Je serais obligé de l’enfermer dans le placard pour recevoir mes amants ». L’humour est un bon palliatif au désarrois.
 
En Novembre, P. quitte définitivement mon lit. D. prend de plus en plus de place dans ma vie. Je découvre qu'en fait, il est le petit frère de K. Ils sont tellement différents physiquement que je n’avais pas fait le rapprochement. J’imagine un dîner de famille où je serais invitée. Dans la famille… je demande le fils, le frère et le cousin, le copain du cousin, le cousin du copain et le copain du copain. Vive les familles nombreuses !
 
En décembre, U. vient fêter ses 25 ans au sommet de la Tour Eiffel. Nous passons trois jours de pur bonheur entre ballades touristiques, siestes coquines et discussions. On parle beaucoup d'amour et de sexualité. Il répète sans cesse : « Teach me ». Ca me fait rire à chaque fois. C’est un élève doué. Si tout va bien, il reviendra l’été prochain. Pour d’autres leçons.
 
Mes amants. « Hydre à cinq têtes qui gardent l’entrée de ma caverne » (Désolée mais l’image me fait rire) J’ai l’impression de les connaître mais ils arrivent encore à m’étonner. Finalement, j’aime mon ignorance en ce qui concerne les hommes. Peu importe qui ils sont vraiment et ce qu’ils viennent chercher dans mes bras. Ils sont là. Ca me suffit.
 
 
publié dans : L'Amour, Les Hommes Et Le Chocolat par Madison
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