La Croisière S'Amuse (Suite)

Publié le par Madison

Il s'est assis à côté de moi et a commencé à me montrer les étoiles qu'on ne peut voir dans l'hémisphère nord. La lune était presque pleine et les nuages avaient créé autour d'elle une couronne blanche. Ca avait quelque chose de magique. Normal que de nombreux peuples primitifs aient adoré cet astre.
Nous avons discuté un moment tranquillement. Je me demandais s'il allait passer à l'action quand il a dit : "Je peux te dire quelque chose ?" Je n'ai pu m'empêcher de rire. C'est ce genre de chose qui m'amusent beaucoup chez les hommes, sans moquerie aucune. Quand ils agissent comme des enfants et en deviennent transparents. Il a ri aussi en me disant : "Evidemment, ça fait une demi-heure que je t'en dis des choses...". Et sans un mot de plus, il s'est assis sur sa chaise longue et s'est penché vers moi pour m'embrasser. C'était doux... Et ça aurait pu durer une éternité si nous n'avions pas entendu des pas sur le pont juste au dessous de nous. Il s'est rallongé sur sa chaise et m'a dit : "On ne peut pas rester ici..."
Sur un catamaran, il n'y a pas trop d'endroit où aller pour ne pas être vu des autres. Et lui n'avait pas de cabine privée. Nous avons convenu de nous retrouver dans ma cabine, le temps qu'il fasse semblant de dormir dans le dortoir qu'il partageait avec trois autres membres de l'équipage.
Il est arrivé vers 22H. Il n'a pas fallu longtemps pour nous retrouver nus sur le grand lit. De suite, j'ai aimé ça façon de faire. Il savait allier tendresse, sensualité, imagination et maîtrise. L'habilité manuelle dont il avait fait preuve l'après-midi en réparant mon zoom était au rendez-vous et les mots doux, virant parfois à une vulgarité que seule ce genre de situation peut le permettre, me faisaient chavirer.
Lorsque nous nous sommes enfin écroulés de plaisir, nos corps luisants de sueur dans la lumière de la lune, il était presque minuit. Nous sommes allé prendre une douche rapide, j'ai mis un fond de salsa sur mon PC et nous sommes restés enlacés à discuter un moment avant de nous endormir. Vers deux heures du matin, nous avons entendu l'encre se lever. Il s'est redressé, inquiet, car ça voulait dire qu'il allait devoir feinter pour retourner dans son lit sans que personne ne s'aperçoive de son absense. Il m'a regardé tendrement et a passé sa main sur mes seins. "Tant pis" a-t-il dit en se collant à moi. Et tout en suivant le roulis du catamaran qui venait de démarrer, nos corps se sont à nouveaux unis pour un long moment de plaisir.
Avant de quitter ma cabine, il m'a demandait s'il pouvait revenir le lendemain. J'ai trouvé ça adorable, cette façon à la fois élégante et enfantine de se rassurer.
Trois heures plus tard, quand le soleil s'est levé, j'ai malgré la fatigue sauté du lit pour admirer la vue. De toute façon, il allait falloir faire comme si de rien n'était, autant démarrer de bonne heure. Sur le pont, j'ai croisé Tony le Capitaine qui m'a à peine saluée alors qu'il avait été la veille très affectueux. J'ai trouvé ça étrange mais je ne voulais pas céder à la paranoïa. Chacun a droit d'être de mauvaise humeur, me suis-je dis. Pour ma part, après ce qui s'était passé, j'étais loin de l'être.
La journée fût rude physiquement. Plongée le matin, longue balade après le repas de midi et à nouveau plongée. Mais je ne pouvais pas me plaindre publiquement. Je suis quand même remontée plus vite que les autres sur la plage pour me reposer un peu au soleil. Fabian, le guide, s'est assis à côté de moi et nous avons commencé à discuter. Tout à coup, il s'est mis à me parler de la rude vie du personnel de bord sans présence féminine, du fait qu'il était difficile d'avoir un peu d'intimité... Cachée derrière mes lunettes de soleil, j'ai pensé : "De deux choses l'une, soit il me drague, soit il sait et il essaie de précher le faux pour avoir le vrai". Je n'ai rien céder et je dois dire que ça m'amusait de le voir tourner autour du pot.
Sur le zodiac qui nous ramenait sur le bateau, je dis à Fabian que j'avais envie d'une Piña Colada. A peine arrivée à bord, je tombe nez à nez sur le Capitaine. Je tente un sourire mais il tourne la tête. Je grimpe au bar pour commander mon délicieux cocktail, mais Javier, l'homme de toute les situations, n'était pas au rendez-vous. Je redescens et dit à Fabian qu'il n'y avait personne au bar. Et là, j'entends dans mon dos le Capitaine qui bougonne : "Il doit dormir quelque part, vu qu'il a disparu toute la nuit. Il va aller dormir sur un autre bateau ça va être vite fait !" Comme si de rien n'était, le guide me dit qu'il allait le chercher pendant que je retournais dans ma cabine prendre un douche. Pas besoin d'explication, mes doutes étaient bien fondés, tout le monde, du moins côté équipage, était au courant !
Je suis remontée au bar ou j'ai pu enfin avoir ma Piña Colada agrémenté de mots doux et de petits sourires coquins. Les américains papillonnaient autour de nous sans se douter de ce qui se tramait. C'est pratique de pouvoir parler quand personne d'autres ne vous comprend. Il faut juste faire semblant d'être sérieux. Ca rend d'ailleurs l'exercice bien plus excitant...
La deuxième nuit a elle aussi commencé sous la lune pour finir dans ma cabine. Le temps qu'il vienne me rejoindre, je m'étais endormie. Sensation délicieuse que celle d'être réveillée par des mains caressantes. Dans un demi-sommeil, je lui ai dit : "Tu peux abuser de moi, je n'ai pas envie de me réveiller de ce rêve". Et il a abusé de moi pour la dernière fois. Quand il m'a embrassé avant de partir, je me suis sentie triste : c'était la dernière nuit, les derniers instants sur ce beau bateau. Et je savais qu'au matin, nous aurions plus le droit de nous toucher.
Lorsque je suis descendue du catamaran avec ma valise, les larmes coulaient sous mes lunettes de soleil. Pas seulement pour lui. Pour tout ce que j'avais vécu, vu, apprécié, compris sur ce bateau. Un dernier regard et il est rentré à l'interieur. Il était le seul à ne pas être resté pour saluer ceux qui partaient.
Arrivés à l'aéroport, alors que j'étais en train d'écrire à une amie sur un banc, Fabian s'est installé à côté de moi pour dicuter. Au bout d'un moment, il me dit : "Tu sais que tu as laissé un coeur meurtri sur le bateau ?" Je l'ai regardé et j'ai souri. "Les coeurs latins s'enflamment vite et se consolent tout aussi rapidement", lui ai-je dit. "Je le sais parce que j'en ai un".




Porque se van los pequeños momentos
Los dias sin tiempo
Las noches sin sueños
Los miedos ingenuos que a veces pudieron llegar a gustar
Porque se van las mejores palabras de amor
La mañana los dos en la cama
Sin pensar en nada
Y habra que esconderse como los de mas.

Regalame tus besos que queman, que queman
Me enreda lo que falta, lo que se aleja
Que importa lo que hicimos
Y aunque me quieras
Te olvidaras de mi

... Hoy brindo por ti
Y brindo por mi.

25 años - Raul PAZ


Publié dans Tour Du Monde

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Lili 24/07/2008 18:48

:))))))))

emanu124 24/07/2008 13:51

Super-romantique l'histoire.
J'espère que ton chéri n'a pas eu de conséquences professionnelles après vos nuits enflammées !

MamanCélib 24/07/2008 10:40

Oh Madita, quels beaux moments...
Merci...

(et la musique... waouh)

Lilith 23/07/2008 22:08

J'adôôôôôôôre cette histoire ! Y'a pas à dire, c'est quand même cool les inconnus... Me voilà donc prête à faire de beaux rêves qui vont plagier tes nuits ;-)...

tiusha 23/07/2008 15:46

j'ajoute tout comme Blanche: super musique