
Pour ceux qui découvrent ce blog, ce texte est le dernier chapitre
d'un récit autobiographique inachevé, "L'amour, les hommes et le chocolat" écrit au printemps 2004.
Depuis que j'ai commencé ce blog, je publie un chapitre par semaine. Ce qui est écrit ne correspond aucunement à ce que je vis actuellement. C'est simplement le récit du chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui. Si je devais résumer ce récit :
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Première partie : un livre lu une nuit passée dans les bras d'un de mes amants, D... L'alchimie de cette nuit-là, les points communs entre le livre et
l'amant ont déclenché chez moi l'envie d'écrire.
Deuxième partie : quelques souvenirs post divorce, une rencontre qui change ma vie : O. C'était en 1999. Puis des rencontres faites à partir de 2001 : R., T., M., D., U. et quelques autres. Ces hommes ont partagé mes moments de plaisirs pendant trois ans, jusqu'à l'écriture de ce récit.
Troisième partie : plus recentrée sur mes ressentir de
femme, mon cheminement à travers ces relations, jusqu'à me rendre compte que...
Ce samedi soir, je rentre du boulot, la tête en vrac, le cœur en capilotade. Je ne sais pas comment je vais réagir en voyant D.
Je prends une douche. Je me couche avec un thé brûlant. Et j'attends. Je n’arrive pas à réfléchir à la situation. De toute façon, ce n'est que lorsqu’il sera en face de moi que je saurais quoi faire.
Le bip du téléphone me fait sursauter. Sur l'écran : « Désolé, j'ai un contre temps. Je t'appelle dans la semaine. »
Je suis soulagée. Je fais toujours des âneries quand je n'arrive pas à prendre du recul. Et ce soir, j'aurais sûrement dit ou fait des choses que j'aurais regrettées juste après.
Je repense à tous ce qu'il s'est passé ces derniers temps. Tout ce qui a bougé, tout ce qui a changé. Qu'est ce qui a changé ? Les pensées se bousculent, les souvenirs aussi. Des instants, des images, des corps, des regards, des paroles, des sensations. Rires et larmes, peur et désir, liberté et solitude. Aimer. Est ce que je l'aime ?
J'essaie d'imaginer ce que serait une relation amoureuse avec D. Au fond de moi je sais que ce n'est justement pas imaginable. Alors pourquoi ce remue ménage viscéral ? La réponse devient évidente : oui, je suis amoureuse. Mais pas de cet homme en particulier. Je suis amoureuse au sens virtuel. D. incarne simplement mon désir d’aimer et d’être aimée. Il a agit sur moi comme un révélateur sentimental. Il marque une nécessité de passer à autre chose.
La couette m'enveloppe d'une douce chaleur que je croyais perdue. Je ferme les yeux. Sensation de bien être.
Au réveil, je décide d'envoyer un texto commun à tous mes amants. Un petit mensonge pour me faciliter la tâche : « J'ai rencontré quelqu'un avec qui je veux commencer une relation sérieuse. On ne pourra plus se voir. Merci pour tous les moments de plaisir passés ensemble. » Petite hésitation avant de rentrer les noms dans la liste des destinataires. En attendant que je le rencontre ce fameux quelqu'un, dois-je renoncer à ce que m'apporte mon meilleur amant ? Je souris, j'enlève D. de la liste et j'envoie. J'écris un mail à U. lui expliquant qu'il ne pourra pas venir cet été comme prévu.
T. est le premier à répondre : « Fait chier, mais je te souhaite tout le bonheur possible ». Le message de M. arrive juste après : « Sois heureuse ». Dans la semaine, je reçois un mail de U. tout aussi gentil. R. ne se manifestera pas.
D. passe me voir dans la semaine. Saveur de la légèreté retrouvée.
Ainsi s'achève ce que j'ai écrit il y a deux ans. Je suis
en train de rédiger une quatrième et dernière partie, celle qui raconte ce qui s'est passé entre mai et novembre 2004. Je ne pense pas aller au delà. Du moins pas ici, pas maintenant, pas comme
ça...
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