Dîner(s) De Con(s) (2)

Publié le par Madison

Deux repas et une citation...


Premier repas : Il y a quelques jours, je dînais avec deux amies. On refaisait le monde. A la lumière de la crise économique. On poussait cette dernière à l'extrème et on imaginait l'effondrement du capitalisme. Notre vision n'avait rien de romantique. Si le monde tel qu'on le connait s'effondre, ça ne sera pas joli joli. Surtout dans les villes. Une solution, commencer à faire des réserves de graines et partir à la campagne. On pourra au moins vivre de la terre. Notre doux délire prenait forme quand l'une de mes amies lance : "Et on vendra à prix fort notre production aux riches !"
C'est là que je me suis rendu compte que le chemin serait long pour que les mentalités changent. Si mon amie, qui est de tous les combats avec moi n'arrive pas à imaginer un monde sans profit, qu'en est-il des autres, de ceux qui ne s'intéressent pas à la politique, qui disent ne rien y comprendre... de la majorité en fait ?


Deuxième repas : Samedi, alors que nous faisions une pause repas au kyudo, un des membres du groupe, un américain vivant en France depuis une dizaine d'années, nous expose une idée qui en soi était plutôt mignone. Il voulait qu'on se cotise pour pouvoir offrir un cadeau à chacun pour son anniversaire. Devant les réticences de l'assemblée, il a argumenté en disant qu'un cadeau serait un bon moyen de resserrer les liens dans le groupe. S'est alors engagée une discussion sur le fait qu'il n'y avait pas besoin de "matériel" pour obtenir un sentiment d'amitié ou de reconnaissance. Pour appuyer ce point de vue, quelqu'un a rappelé l'un des principes du kyudo qui fait qu'on doit rendre de façon gratuite se qui nous a été offert dans l'enseignement de cet art.
La discussion a duré ainsi, en passant bien sur par les différences culturelles, jusqu'à ce qu'il soit l'heure de reprendre l'entraînement. Mais notre américain n'était pas convaincu qu'on puisse offrir une reconnaissance "gratuite" à quelqu'un. J'étais triste pour lui. Pour cette incapacité à se détacher du facteur argent pour ce qui est des sentiments. Et là encore, je me suis dit que le chemin serait long pour que les mentalités changent au niveau mondial.


Vous me direz, tout ça n'est encore que fiction. Mais il me semble pourtant qu'il faut commencer à imaginer le futur si nous ne voulons pas le prendre de plein fouet. Et dans le futur que j'imagine, l'argent continuera d'exister mais il sera au service de l'humanité et non le contraire. Aucune vie ne sera négociable économiquement et la valeur d'un être humain ne se mesurera pas en dollars ou en paillettes.


Et vous, quel futur imaginez-vous, pour vous, pour vos enfants ?





"Alors, il nous faudra avoir la patience de reprendre l'ouvrage,
la force de refaire ce qui a été défait ;
la force d'inventer notre route et de la débarrasser des formes toutes faites,
des formes pétrifiées qui l'obstruent."


Aimé Césaire



Publié dans Politiquement Correct

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Mimisan 13/10/2008 12:48

Et c'est là que ça va être difficile de convaincre les foules... pensée plus fataliste que pessimiste...
Bises

Madison 13/10/2008 21:52


Bises Mimisan



Mimisan 10/10/2008 07:52

Je ne crois pas (je peux me tromper) que la notion de "richesse' disparaitra.
D'une civilisation à l'autre d'une culture à l'autre elle représente des choses, des valeurs différentes, comme ça a toujours été le cas, depuis les temps les plus anciens.

Madison 13/10/2008 08:10


Tu as sans doute raison. Le tout étant de donner une nouvelle valeur au mot richesse qui ne soit pas forcément économique mais plutot humaniste...



Mimisan 09/10/2008 16:09

Que réserve l'avenir? difficile question.
A mon avis, finalement pas de très grands changements sauf peut-être les égoÏstes seront encore plus égoistes, les altruistes encore plus altruistes, les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres...
C'est déjà le règne du "pousse toi de là pour qu eje m'y mettes, ce le sera encore plus...
Bises

Madison 10/10/2008 01:41


je pense (ou j'espère, je ne sais pas) que le mot richesse aura perdu de son sens...

bises Mimisan



monsieur serieux 08/10/2008 15:49

Je suis d'accord avec Cécile, on oublie souvent les actes de charité, finissant même par penser que l'humanité n'est rien qu'un beau ramassi d'aveugles, de cons et de connards. Et dans un monde comme ça, pourquoi être bon d'ailleurs et pas egoïste et même brutal "comme tout le monde" ? Vaste question.
Sinon, je parlais dans mon commentaire de la retrospective bridget riley au palais de Tokyo. Ton fond d'écran m'y a fait penser (en gros, une expo de lignes, mais j'ai tout de même parfois été fasciné).

Madison 10/10/2008 01:34


Je n'aime pas le mot charité qui me semble despectif, je lui préfère le mot solidarité qui met celui qui offre et celui qui reçoit au meme niveau.
J'ai confiance en l'humanité pour arriver à s'en sortir ;-)

PS : mon fond d'écran est en fait une photo que j'ai prise à Tokyo au Musée d'Art Contemporain. C'est un mur en latte de bois ;-)



emanu124 08/10/2008 14:42

Je n'ai pas envie d'imaginer le futur...
Je préfère vivre au présent

Madison 10/10/2008 01:30


... :-/