Information, Désinformation.

Publié le par Madison

Il y a longtemps que je ne regarde plus les infos à la télévision. Trop d'images inutiles et morbides. J'écoute la radio mais ce n'est pas mieux. En ce moment, tous les bulletins d'information du matin commencent par un sondage.


Hier c'était sur la qualité de vie au travail. J'ai d'abord pris ça à la rigolade. Je venais de me battre avec mon réveil, j'avais du mal à décoller du lit et ils parlaient des français heureux d'aller au boulot. En ce lundi matin, j'ai trouvé ça gonflé. Et puis j'ai mieux écouté. Le sondage ne portaient pas sur « les Français » mais sur « les salariés » français. Et là j'ai ressenti un malaise. Mal réveillée ou un peu distraite et, j'enregistrais l'info sur le mode humoristique. Or, après réflexion, cette info n'a rien d'humoristique. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe en période de crise d'une part et pré-électorale d'autre part. Cela m'a de suite rappelé le clip de l'UMP vu dans un demi sommeil l'autre nuit. Un très beau film, images noir & blanc, des gens souriants et en bruit de fond, la voix de Sarko qui parle de la France qui travaille. (Je viens de le visionner à nouveau, j'en ai des sueurs froides)


On pourra dire que je vois le mal partout, mais j'ai justement du mal à ne pas faire une relation de cause à effet entre les nombreux sondages qu'on nous balance de façon intempestive et l'actualité. Le problème est que ce genre d'infos réductrices laissent un accent de vérité à grande échelle. La partie est facilement prise pour le tout.


Ce matin, un nouveau sondage... mais mon inconscient fait un blocus, je ne sais plus sur quoi il portait. La seule chose dont je me souvienne c'est d'avoir pensé : « Si on m'avait dit que pour être journaliste, il suffisait juste de lire des sondages, alors j'aurais pu être moi aussi journaliste ». Remarquez que quand on pense qu'un Fogiel a sa carte de presse ou que Benjamin Castaldi risque de remplacer Claire Chazal... Je sais, j'exagère un peu. Il y a bien sur des journalistes consciencieux. Mais qu'est ce contre-pouvoir, celui de la presse et de l'audiovisuel, devenu ?


Si on réfléchit bien, le quotidien d'une nation est entre les mains de deux grands systèmes : le système exécutif constitué d'élus politiques et le système d'information (presse, télévision, radio). Que penser du système exécutif quand, comme ce matin, on entend un certain Michel Habig, conseiller général UMP, président de la chambre d'agriculture et maire d'Ensisheim, petite ville du Haut-Rhin, déclarer qu'il ne comprend pas en quoi le fait d'avoir fait brûler 11 caravanes appartenant à des gitans roumains pouvait être répréhensible. A ses yeux, il n'y avait pas autre chose à faire. Dans ces paroles, j'ai cru entendre celles de certains jeunes qui n'ont plus de repère et ne comprennent pas en quoi les tournantes par exemple sont des actes répréhensibles aussi. Il y a quelques mois, la France était scandalisée par des actes similaires à ceux de cet élu lors des émeutes en banlieue. Il est vrai que ceux qui brûlaient des voitures n'étaient que des racailles. Michel Habig lui est maire et conseiller général, ce n'est pas pareil...


Quoiqu'on en dise, le peuple fait confiance aux média et aux politiques... par force peut-être. Avec le temps on sait que les images sont manipulées et manipulatrices, que les discours ont souvent un but caché. Comment dégager le vrai du faux ? Comment sortir de ce marasme ? Pour moi il n'y a qu'une solution, élargir notre vision des choses, développer notre esprit critique. Je l'ai déjà écrit sur ce blog (Voter...) : « Il faut que les gens arrêtent de se laisser mener par le système, qu'ils se prennent en main. Je crois au débat d'idées, en la République au sens premier du terme : Res Publica, la Chose Publique. Le Peuple décide, le Peuple agit. » Il faut montrer aux élus qu'ils sont là pour nous représenter et non pour nous spolier ou nous dominer. A nous de nous montrer plus intelligents qu'eux et de ne plus prendre ce qui est dit et ce qui est fait pour de l'argent comptant. Quant aux journalistes qui actuellement manquent d'esprit critique eux aussi mais se cachent sous le devoir d'impartialité, je ne vois pas trop comment agir pour les faire sortir de leur torpeur. L'espace d'expression libre que nous offre internet est peut-être la seule alternative possible...


Pour finir ce passage politico-utopique (mais ça fait du bien de penser qu'on peut agir chacun à son échelle pour un monde meilleur), une petite anecdote. L'autre soir sur MSN, Michel me dit : « Il faut absolument que tu regardes les vidéos Loose Change sur les mensonges du 11 septembre » Et il m'envoie une série de liens. Je regarde. Effectivement, ce film dégage des faits troublants. Mais jusqu'où cette contre-enquête est-elle plus impartiale que les informations légales ? Cela m'a rappelé Mickael Moore. J'adore ses films. Cependant, ne fait-il pas parti du système qu'il tente de dénoncer ? Dénoncer sans agir (ou dans son cas pour s'enrichir) n'a rien de constructif.


Voici la vidéo en question (1h22min) histoire qu'à votre tour vous vous fassiez une opinion.



Le sondage sur la qualité de vie au travail  :
http://www.cestp.aract.fr/pdf/Sondagecompetence2005.pdf


Articles sur Michel Habig :   http://www.liberation.fr/

http://www.lefigaro.fr/

http://www.latribune.fr/

http://www.lexpress.fr/


Pour l'UMP, vous chercherez tous seuls le lien, pas question que je le mette sur mon blog...

Publié dans Politiquement Correct

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Tony 22/07/2007 18:42

La video de cette article n'est plus disponible. Merci Dailymotion ! Tu peux effacer le commentaire ?

Jean-Marc 04/06/2006 17:05

Merci pour votre éclairage sur le thème "Information / Désinformation". Je ne peux qu'applaudir des 2 mains.
Je viens juste de terminer la lecture d'un ouvrage récent traitant indirectement de ce thème : "Mes voyages avec Hérodote" de Ryszard Kapuscinski, chez Plon. J'ai aimé.
A un moment, l'auteur, se posant la question de savoir à quoi rimait son métier, en vient à la conclusion suivante, je cite :
"Il m'a fallu des années pour comprendre que, après plusieurs années d'expérience journalistique, je faisais fausse route. En cherchant à tout prix des images spectaculaires, en m'imaginant qu'à elles seules, elles permettent de faire l'économie d'une analyse profonde, je m'égarais. (...) La bonne méthode consiste à se poser la question : comment en est-on arrivé à ce drame ?"  (p.233)
C'est simple, mais tellement inusuel : résister au sensationnel, rechercher les motivations, les causes premières dans les méandres du passé, dans la conscience collective. Tout un programme, semble-t-il bien peu suivi par les temps qui courent.
A vous
Jean-Marc

Madison 05/06/2006 18:42

J'ai entendu parler de Kapuscinski qui vient de sortir un autre bouquin. J'ai très envie de le lire.A très bientôt Jean Marc, ici ou ailleurs

E. 17/05/2006 13:44

Tout ça me fait aussi penser aux deux livres d'Ellroy ("American Tabloid" et "American Death Trip") qui apportent aussi une dimension "complot" aux evenements des années 60... mais toutes théories, aussi bien construite et documentée soit-elle, ne peut convaincre que lorsque les principaux intervenants reconnaissent vraiment la véracité des faits. En l'occurence, tout ça est bien joli, mais un peu facile non ?

Madison 18/05/2006 16:17

c'est un peu la conclusion à laquelle j'arrive.mais, le pire c'est que même l'aveu ne change rien à la face du monde...bisous E.

Egolog 17/05/2006 11:34

Hello Madison !Je vais regarder ce film dont un collègue m'avait parlé. Ca m'intrigue quelque peu en grand fan des théories du complot que je suis. Ceci étant ne crois-tu pas que la réalité est souvent plus sordidement banale que tous ces gens le pensent ? J'étais parti sur un intrminable commentaire... je vais plutôt réagir "chez moi" à ce sujet.
Bises
PS / Moore, sont problème c'est surtout un sérieux manque de rigueur, non ? De là à penser qu'il exploite le filon ou appartienne au système... oui, dans un sens c'est une sorte de contestation fast food.

Madison 18/05/2006 16:15

Ce qui m'enerve chez Moore c'est que si tu vas sur son site, il cherche à te revendre en priorité ces DVD... Je pensais y trouver des infos compléentaires, les docs qui lui ont servi à faire le film, etc... mais non. C'est un peu l'esprit amerloc (si tu regardes les infos canadiennes sur tv5 tu retrouves cet esprit d'argent que nous n'avons pas ici) mais bon, pour moi, son engagement ne transpire pas hors du film... et ça me dérange...

Alain 17/05/2006 07:33

Encore on n'est sans doute pas anesthésié comme les jeunes qui ne connaissent que les cocktail media (mettez un peu de tout et secouez bien fort, servez çà en restant lisse et politiquement correct sans la moindre pointe d'ironie et d'esprit vraiment critique). Il n'y a qu'avec des gens comme William Leymergie et Françoise Laborde que j'ai l'impression de pas être pris pour une bille.

Madison 18/05/2006 16:10

Leymergie... il n'a pas débuté dans le club Dorothée ?;-)