Pourquoi la guerre ?

Publié le par Madison

"... Je ne crois pas que la Palestine deviendra jamais un Etat juif, et que le monde chrétien ou musulman acceptera jamais de laisser leurs sanctuaires aux mains des Juifs. J'aurais mieux compris qu'on ait fondé une patrie juive sur un sol vierge non grévé historiquement... Je ne puis trouver en moi l'ombre d'une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale à partir du mur d'Hérode et, pour l'amour de ces quelques pierres, ne craint pas de heurter les sentiments des populations indigènes."

- S. Freud dans une lettre à A. Einstein du 26 février 1930 - Trouvé dans l'introduction du fascicule "Pourquoi la guerre?", recueil de correspondance entre A. Einstein et S. Freud.


Mot de l'éditeur

Publié simultanément en allemand, en anglais et en français par l’Institut International de Coopération Intellectuelle, l’une des nombreuses émanations de la Société des Nations, en 1933, le fascicule Pourquoi la guerre ? est composé de deux longues lettres - l’une d’Einstein et l’autre de Freud.
Les deux auteurs, qui s’étaient rencontrés fin 1926, étaient restés en contact épistolaire. En 1932, quand l’IICI a demandé à Einstein de contribuer à l’un de ses volumes de « correspondance », c’est lui qui a proposé cet échange avec Freud sur le thème de la guerre.
Dans sa lettre, Einstein, qui venait de démissionner de l’IICI après la Conférence de Genève sur le désarmement (il n’approuvait pas le principe d’un « désarmement progressif »), rappelle ses convictions cosmopolitiques (seule une instance supranationale pourrait contribuer à éliminer la guerre) - même s’il ne semble plus y croire. Cette lettre, qui ne contient donc pas à proprement parler de « profession de foi », s’achève sur une question adressée à Freud : « Existe-t-il une possibilité de diriger le développement psychique de l’homme de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction ? »
Cet échange est l’occasion pour Freud de revenir sur la question de la guerre. La Première Guerre mondiale elle-même et les recherches qu’il avait menées à l’époque sur les « névroses de la guerre » avaient commandé dans l’œuvre de Freud le passage de la première à la seconde topique et l’avènement du concept désormais central de la « pulsion de mort » (Au-delà du principe de plaisir, 1920). Cette réponse faite à Einstein contient la description la plus complète que Freud a donnée du phénomène de la guerre en termes de « pulsion de mort » et constitue à ce titre l’aboutissement de sa réflexion sur la guerre.
Interdit en Allemagne dès sa publication en mars 1933, il y a fort à parier que les exemplaires du fascicule Pourquoi la guerre ? qui avaient néanmoins circulé ont fini dans les autodafés du 10 mai 1933 dans lesquels les nazis ont brûlé - entre autres - les livres d’Einstein et de Freud…


Publié dans Lu - Vu - Entendu

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Jacques Benoit 12/09/2006 22:12

Lou 17/08/2006 22:45

Je connaissais la question, pour me l'être posée, mais pas l'existence de ce recueil. Contente de te retrouver Madi...Je t'embrasse

Madison 18/08/2006 15:55

je t'embrasse aussi Lou ;-)

jlb 17/08/2006 16:23

je ne connaissais pas cette correspondance Freud-Einstein. Merci, on a besoin de ces rappels

Madison 18/08/2006 15:53

ce qui me désole c'est que l'histoire, malgré les rappels est un eternel recommencement...:-/

Mister K 11/08/2006 19:35

Excellent Madison, merci pour cette magnifique citation de Freud.  Je suis partagé entre deux sentiments :D'une part pour la population libanaise qui souffre aujourd'hui d'être victime des jeux de pouvoirs sournois et mortifères de puissances tierces et d'autre part de la necessité pour Israel de stopper les attaques sur son territoire.Les missiles envoyés par le Hezbollah sur Israel ont fait aussi des morts musulmans. Car il existe aussi des israéliens musulmans.C'est une pourriture vicieuse que cette "guéguerre" pseudo-religieuse et pseudo idéologique. Les peuples sous les bombes de l'Etat Israelien n'ont jamais rien demandé. Et n'ont rien demandé non plus ceux qui furent envoyé dans les chambres à gaz sous le Troisième Reich.Cette citation de Freud date de 1930, et Freud est decédé en 1939. La création de l'état d'Israel n'est donc pas de son temps. Cette citation est de fait sans rapport avec les évènements actuels qui ont lieu entre le Liban, Israel, la Syrie, l'Iran, les Etats Unis, la France et la Russie (pour citer les principaux acteurs ridicules de cette tragédie).Dans tous les cas, c'est une tragédie qui se déroule au Liban.Mais ce qui est plus inquiétant encore c'est la "valse-hésitation" des nations composant le pitoyable Conseil de Sécurité de l'ONU pour s'imposer contre l'inadmissible.1914 - 1939 - 2006?Le dénominateur commun est l'idéologie nationaliste. A quand l'idéologie communautariste des peuples du seul monde que nous ayons sous nous pieds d'argiles ?A galonMister K

Madison 18/08/2006 14:54

La création de l'état d'Israel était déjà en gestation à cette époque il me semble, car Freud répond ici à une question d'Einstein à ce sujet...Evidemment, cette citation paraît plus qu'à propos mais elle illustre bien l'absurdité des hommes à vouloir toujours imposer un point de vue par la force...Bises Mister K

jc 11/08/2006 18:55

le liban est un pays formidable , peuplé de gens formidables
ils ont déja eu du mal à fair partir les syrie et ils ont encore les stigmates de 1984 ( j'etai dans le coin   malheureusement )
mais qu'israel leurs lache les burnes........un peu ils ont déja eu du mal à se remetre de la derniere incursion israeliene
font chier tous moi j'aime le liban c'est un beau pays et on y tue des gens qui sont innocents sans compter qu'on detruit leurs  beau  pays     
désolé Madison pour mon coup de sang
et je suis content que tu sois de retour ici    , tu eclaire ma journée ma belle

Madison 18/08/2006 14:50

j'aime bien tes coups de sang mon pirate adorébisous