Chroniques De La Mort Annoncée De notre Société

Publié le par Madison


15000 fonctionnaires en moins l'an prochain pour réduire le déficit de la France (on y croit). J'en vois qui ont les yeux qui pétillent.

Dans le nombre, il y a 8500 emplois dans l'Education Nationale dont 5000 postes d'enseignants qui vont voler. On nous ressort les 1800 profs qui ne sont pas devant élèves. Certes, dans le tas sont comptabilisés les syndicalistes (ouh, les affreux !) et ceux qui ont été placés dans divers bureaux des rectorats ou d'ailleurs pour incompétence. (Pour ces derniers, il faudrait peut-être revoir le mode de recrutement et la possibilité de reconversion, chose quasi impossible dans l'Education Nationale, contrairement à beaucoup d'autres administrations). Sont aussi comptabilisés les itinérants pour le suivi d'enfants handycapés et les titulaires remplaçants sans qui l'absence d'un enseignant devient vite un gros problème pour un établissement.

Il y aurait trop d'enseignants. Le calcul de ce "trop" se fait de façon très administrative : on prend le nombre d'enfants, on divise par le nombre d'enseignants et ça nous fait tant par classe. On calcule de la même manière le nombre d'heures d'enseignement par élève. Comme tout cela coûte cher, on rabiote. On supprime les heures supplémentaires pour les projets culturels ou l'aide aux plus défavorisés. On redispache pour arriver au quota imposé, et le tour est joué. C'est comme ça qu'on supprime des enseignants mais que "la moyenne de 24 élèves par classe ne changera pas", dixit ce cher de Robien.

Faire de tels calculs c'est ignorer la spécificité de chaque endroit. Un enseignant du fin fond du Cantal serait-il moins productif avec ses 15 élèves qu'un enseignant de centre ville avec les 30 dont il s'occupe ? Pédagogiquement, le contraire se démontre facilement, sauf que la productivité en matière d'enseignement n'a pas la même définition côté prof que côté Ministère de l'Economie...

C'est aussi ignorer les réalités du terrain. On n'enseigne plus comme avant, avec des enfants qui ne mouftent pas au fond de la classe. La société a créé de nouveaux élèves avec des problématiques parfois ingérables dans une classe voire même au sein d'un établissement.

C'est vrai que l'enseignement ne rapporte pas d'argent. C'est vrai que de traiter les cas particuliers ou une frange de la société qui demande un peu plus d'attention coute cher.  Mais n'est-ce pas un choix politique (au sens noble) à faire ? J'écoutais hier Serge Portelli, magistrat, qui disait que louper l'insertion des jeunes enfants dans le système scolaire, c'est laisser émerger la délinquance dans les années à venir. Par la suite il sera trop tard pour légiférer ou faire de la répression. Notre pays qui fait parti soit disant des plus grandes puissances mondiales ne se dote pas de l'Ecole à laquelle elle devrait aspirer.

Ne pas prendre en compte les problèmes de l'Ecole, réduire ses moyens d'action c'est faire crever la société à petit feu. A croire que ce gouvernement ne cherche que ça en misant purement et simplement sur l'abêtissement du peuple*. Il y a bien évidemment des reformes à engager dans l'Education Nationale, mais sûrement pas comme ça et dans ce sens. (Ni pendant que la France a les yeux rivés sur le ballon rond....)

Au lendemain de l'épreuve de philo au bac, une citation (déjà utilisée pour un autre billet) me revient en tête :


Une nation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle.

[Martin Luther King]


Pour avoir une idée plus large de ce que devrait être l'Ecole d'aujourd'hui, je vous invite à lire l'excellent compte rendu que KwAame a mis sur son blog d'une conférence d'Albert Jacquard intitulée : "Développement durable et échec scolaire". Je vous conseille aussi la lecture d'un texte de Serge Portelli : "La récidive : mobiliser l'intelligence plutôt que la peur", sur justice, démagogie et reflexion.

Rien à voir ?

Pour moi, si ! Tout est lié. Car l'intelligence, la reflexion, la pensée est ce qui est propre à l'être humain.

Mieux vaut ne penser à rien que ne pas penser du tout.

[Serge Gainsbourg]


* Il ne faut pas oublier les récentes réformes de l'Education Nationale qui limitent les programmes à de l'enseignement de base et éliminent l'accés aux matières artistiques pour les élèves en difficulté, qui veulent mettre en place l'apprentissage à 14 ans, réformer les ZEP de façons suspectes, etc. Sans parler du budget aloué à la Culture depuis quatre ans, véritable peau de chagrin.
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Publié dans Politiquement Correct

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J
Dans ce cas d'espèce, on ne dit pas gouvernement mais parasite...Va falloir épouiller en 2007 ;-)
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M
va falloir un bon shampoing anti parasitaire et un peigne à poux !;-)
J
sont supprimés les postes des enseignants qui s'occupent d'actions culturelles associatives...bref ceux qui mettent du lien social dans la société; de même les syndicalistes, on peut critiquer, mais c'est eux aussi qui mettent de l'huile...dans la machine!!
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M
tout à fait...mais ce gouvernement n'a que cure de la culture .... pffffffffff
V
L'Education Nationale est déjà morte depuis longtemps. Morte de son corporatisme, morte de sa suffisance; morte du détournement studieux de la carte scolaire à l'avantage de leur blonde progéniture par les profs eux-mêmes, qui devant les projecteurs défendent pourtant becs et ongles ce système; morte de  l'affectation forcée des jeunes profs dans les zones les plus difficiles pendant que, points patiemment accumulés à l'appui, les plus anciens se prélassent dans les oasis protégés.L'échec dans sa mission civilisatrice de l'Education Nationale est patent, il saute aux yeux. A l'heure où des défis immenses se dressent face à l'homme, le citoyen par l'Education Nationale formée se prélasse devant sa télé, ballon rond et loft crétin dans les yeux.
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M
et après Voltaire ?en tapant ainsi sur l'educ nat, tu adopte le discours ambiant... et ça ne fait pas avancer le schlimblick...
A
Et c'est insupportable de les voir "régler les problèmes comme çà". ja sais bien qu'il y a le jusqu'auboutiusme, l'absolutisme des syndicats en face qui veulent tout comme au temps des 30 glorieuses en mieux, toujours plus, toujours plus... Et étant dans l'autre univers, le monde pas fonctionnarisé, çà m'énerve aussi (énorme)... Mais je pense néanmoins qu'il faut au contraire investir dans l"Education. A la fois dans l'Enseignement général  et dans le technique et tous les métiers manufacturiers que l'on perd ou que l'on néglige... Trop long de développer. Je crois qu'il faudrait prendre les syndicats à contre pied, en augmentant considérablement les moyens donnés et en affectant ces moyens à des matériels et à des vrais actifs de l'Education Nationale. Plus d'Indiens moins de Chefs... L'opinion publique se rendrait compte de la portée d'une telle politique et les syndicats n'oseraient pas la ramener avec leurs éternelles revendications catégorielles comme ils le font. Mais qui ferait une telle politique ?
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M
voilà, tu poses la bonne question.qui osera prendre le taureau par les cornes ?
Z
C'est quelque chose de difficile à comprendre...<br /> PLus de profs et moins d'élèves par classe serait une excellente chose.<br /> Et l'argent employé pour payer les notes de restau, d'hôtel et d'avion de ces chers ministres et délégués pourrait être employé dans l'Education, la Recherche, la Culture, aussi....<br /> Un usage intelligent du budget!<br />
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M
Le problème, c'est que nulle part chez les politiques qui se présentent aux portes de la presidentielles, je n'entends : on  va réduire les dépenses de ce genre... on n'est pas encore sorti de la mouise...bises